Le design ludique conférait une impression de simplicité tout en révélant les profondeurs de cette apparente sobriété.

Le design ludique conférait une impression de simplicité tout en révélant les profondeurs de cette apparente sobriété.
La coquille de plastique de l’iMac elle-même recelait une grande complexité. Ive et son équipe avaient travaillé avec des Coréens pour perfectionner le processus de fabrication des boîtiers. Ils s’étaient même rendus dans une usine de dragibus – ces petits bonbons ovales de toutes les couleurs – pour réfléchir au moyen de rendre les couleurs translucides plus alléchantes encore. Un boîtier coûtait plus de soixante dollars l’unité, un prix trois fois supérieur à la normale. D’autres entreprises auraient réalisé des études pour mesurer la pertinence de ces coûts additionnels en matière de ventes. Le P-DG d’Apple n’en réclama aucune.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Page 401)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Steve nous répétait que le design était la clé de notre réussite. Il devait être à l’origine de la conception, et non l’inverse.

Avant le retour de Steve, les ingénieurs disaient : « Voilà les entrailles de la bête – carte mère, disque dur… » – et les designers devaient se débrouiller pour faire tenir tout ça dans une boîte. Quand on procède ainsi, il ne faut s’étonner d’avoir en bout de chaîne des produits hideux. » Mais Jobs et Ive avaient rétabli l’équilibre. « Steve nous répétait que le design était la clé de notre réussite. Il devait être à l’origine de la conception, et non l’inverse. »
Il y eut parfois des retours de flamme. Par exemple quand Jobs et Ive voulurent à tout prix utiliser un cadre en aluminium brossé pour le pourtour de l’iPhone 4, et n’écoutèrent pas les électroniciens qui disaient que cela risquait de parasiter le fonctionnement de l’antenne (voir chapitre 38). Mais le plus souvent, l’originalité du design – pour l’iMac, l’iPhone et l’iPad – plaça Apple au-dessus du lot et lui ouvrit la voie du succès.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Pages 395 et 396)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Le moins est le mieux. Weniger aber besser.

Jony Ive était un fan du designer allemand Dieter Rams, qui travaillait pour Braun. Le credo de Rams : « Le moins est le mieux » – Weniger aber besser. Et Jobs et Ive s’attachaient toujours à simplifier leur projet. Depuis sa première brochure où il était écrit : « La simplicité est la sophistication suprême » , Jobs avait toujours tenté d’extraire la simplicité par la maîtrise de la complexité – non en l’ignorant. « Cela demandait beaucoup de travail de relever tous les défis et de trouver des solutions élégantes. »
En Ive, Jobs trouva son âme sœur, dans sa quête d’une simplicité qui soit en profondeur, et pas seulement une illusion. Ive, dans son bureau, me décrivit cette philosophie :
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A ce moment là, nous savions que nous avions créé une oeuvre d’art.

Lorsque le design fut arrêté, Jobs rassembla toute l’équipe pour fêter l’évènement. « Les artistes signent leur œuvre » , déclara-t-il. Alors il sortit une feuille de papier millimétré, un feutre fin, et demanda à tous d’écrire leurs noms. Les signatures seraient gravées à l’intérieur de tous les Macintosh. Personne ne les verrait jamais, à l’exception des réparateurs. Mais tous les membres de l’équipe savaient que leurs noms étaient là, sur la face interne du boîtier, comme ils savaient que la carte mère à l’intérieur était d’une finition irréprochable. Jobs appela chaque membre, un par un, pour venir signer. Burrel Smith fut le premier. Jobs passa en dernier, après les quarante-cinq autres. Il trouva une petite place au milieu et écrivit son nom, tout en minuscules. Puis il leva sa coupe de champagne. Atkinson se souvient encore de cet instant : « A ce moment là, nous savions que nous avions créé une œuvre d’art. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 165)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

La simplicité est la sophistication suprême

Jobs tenait à ce que les articles d’Apple soient simples et élegants. « Apple doit avoir un design beau et pur, jouer la carte de la transparence et de la convivialité pour ses produits, à l’inverse de Sony, avec son design industriel surchargé et noir, noir et encore noir ! exhortait-il. Nous devons chercher la simplicité avant tout, faire des oeuvres d’art dignes d’être exposées au Museum of Modern Art. Que ce soit dans le management de l’entreprise, l’apparence de nos produits, nos publicités, tout doit aller dans le même sens : faisons simple. Vraiment simple. » Ce mantra sera écrit noir sur blanc sur la première brochure d’Apple : « La simplicité est la sophistication suprême. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 157)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Pour Jobs, simplicité du design rimait avec simplicité d’emploi

Pour Jobs, simplicité du design rimait avec simplicité d’emploi. Cette idée, cependant, n’allait pas toujours de soi. Parfois le design d’un produit pouvait être tellement épuré et minimaliste que l’utilisateur était intimidé, et n’osait pas s’en servir. « Nous devons montrer que l’utilisation de nos produits est intuitive et évidente, et ce doit être le message premier de notre design » , expliquait Jobs au parterre de créateurs. Il citait toujours la métaphore du bureau qu’il avait créé pour le Macintosh. « Tout le monde sait, intuitivement, comment s’y retrouver. Sur tous les bureaux de la planète c’est pareil : le document posé au-dessus des autres est le plus important. C’est ainsi qu’on organise les priorités. Si nous utilisons ce genre de métaphores pour nos ordinateurs, c’est parce que le commun des mortels en a déjà fait l’expérience. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 157)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson