La froideur et l’absence de son père, rendaient ses marques d’affection plus précieuses.

La froideur et l’absence de son père, rendaient ses marques d’affection plus précieuses, de véritables dons du ciel. « Je ne vivais pas avec lui, mais il passait parfois à la maison. Il arrivait comme dieu sur terre, apportant la joie et le bonheur pendant quelques instants miraculeux. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Page 305, témoignage de sa fille Lisa)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

L’église de Saint-Sorlin sentait Dieu comme une boucherie le cadavre

Lorsqu’elle passait, haletante, le seuils de l’église, elle entrait autant chez Dieu que chez Gabriel. A l’époque de l’ancien prêtre, l’église de Saint-Sorlin sentait Dieu comme une boucherie le cadavre, par des relents fades et écœurants de décomposition ; depuis que Gabriel l’avait investie ce n’étaient qu’odeurs de lis, d’encens, de cire au miel, les vitraux étaient propres, la dalle récurée, les nappes d’autel repassées, bref, on avait l’impression que Dieu et le petit homme s’étaient installés en ménage dans un coquet pavillon.

Eric-Emmanuel Schmitt
L’empoisonneuse
(Page 28)
Editions Albin Michel
Concerto à la mémoire d'un ange
 

Faut lever le pied, docteur Dusseldorf, relâcher la pression et pas vous donner trop d’importance, sinon vous n’allez pas pouvoir continuer ce métier longtemps

– Faut pas tirer une tête pareille, docteur Düsseldorf. Écoutez, je vais vous parler franchement parce que moi, j’ai toujours été très correct sur le plan médicaments et vous, vous avez été impeccable sur le plan maladie. Arrêtez les airs coupables. Ce n’est pas votre faute si vous êtes obligé d’annoncer des mauvaises nouvelles aux gens, des maladies aux noms latins et des guérisons impossibles. Faut vous détendre. Vous décontracter. Vous n’êtes pas Dieu le Père. Ce n’est pas vous qui commandez à la nature. Vous êtes juste un réparateur. Faut lever le pied, docteur Düsseldorf, relâcher la pression et pas vous donner trop d’importance, sinon vous n’allez pas pouvoir continuer ce métier longtemps.

Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel
Oscar et la dame en rose
 

Chacun est et reste jusqu’à un certain point l’artisan de son propre bonheur

Lorsque j’étais enfant, je croyais en Dieu et puis vers seize ou dix-sept ans j’ai soudain eu des doutes. Plus tard, au cours de mes études, je me suis rendu compte que la physique arrive à ses limites avec l’origine de la matière, le quark, qu’elle ne peut expliquer. A ce moment là, on commence à nouveau à songer à Dieu. Lorsque nous estimons qu’il faut venir en aide aux pauvres et aux faibles du monde, c’est sûrement juste. Mais les pauvres et les faibles doivent aussi apprendre à faire quelque chose par eux-mêmes, à prendre leur destin en main. Chacun est et reste jusqu’à un certain point l’artisan de son propre bonheur.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 213
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Si je m’intéresse à ce que pensent les cons, je n’aurai plus le de temps pour ce que pensent les gens intelligents

– Donc ils ne croient pas en Dieu ?
– Non.
– Et ça ne t’a pas intrigué ?
– Si je m’intéresse à ce que pensent les cons, je n’aurai plus le de temps pour ce que pensent les gens intelligents.

Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel
Oscar et la dame en rose
 

Seul Dieu a le droit de me réveiller

Cher Dieu,
Le petit garçon est mort.
Je serai toujours dame rose mais je ne serai plus jamais Mamie-Rose. Je ne l’étais que pour Oscar.
Il s’est éteint ce matin, pendant la demi-heure où ses parents et moi sommes allés prendre un café. Il a fait ça sans nous. Je pense qu’il a attendu ce moment-là pour nous épargner. Comme s’il voulait nous éviter la violence de le voir disparaître. C’était lui, en fait, qui veillait sur nous. J’ai le coeur gros, j’ai le coeur lourd, Oscar y habite et je ne peux le chasser. Il faut que je garde encore mes larmes pour moi, jusqu’à ce soir, parce que je ne veux pas comparer ma peine à celle, insurmontable, de ses parents.
Merci de m’avoir fait connaître Oscar. Grâce à lui, j’étais drôle, j’inventais des légendes, Continue reading « Seul Dieu a le droit de me réveiller »

 

Les gens craignent de mourir parce qu’ils redoutent l’inconnu

– Les gens craignent de mourir parce qu’ils redoutent l’inconnu. Mais justement qu’est-ce que l’inconnu ? Je te propose, Oscar, de ne pas avoir peur mais d’avoir confiance. Regarde le visage de Dieu sur la croix : il subit la peine physique mais il n’éprouve pas de peine morale car il a confiance. Du coup les clous le font moins souffrir. Il se répète : ça me fait mal mais ça ne peut être un mal. Voilà ! C’est ça le bénéfice de la foi. Je voulais te le montrer.

– OK, Mamie-Rose, quand j’aurai la trouille, je me forcerai à avoir confiance.

Oscar et la dame en rose
Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel
Oscar et la dame en rose
 

Personne ne peut éviter de souffrir. Ni Dieu, ni toi.

– Réfléchis Oscar. De quoi te sens-tu le plus proche ? D’un Dieu qui n’éprouve rien ou d’un Dieu qui souffre ?
– De celui qui souffre, évidemment. Mais si j’étais lui, si j’étais Dieu, si, comme lui j’avais les moyens, j’aurais évité de souffrir.
– Personne ne peut éviter de souffrir. Ni Dieu, ni toi. Ni tes parents, ni moi.
– Bon. D’accord. Mais pourquoi souffrir ?
– Justement. Il y a souffrance et souffrance. Regarde mieux son visage. Observe. Est-ce qu’il a l’air de souffrir ?
– Non, c’est curieux. Il n’a pas l’air d’avoir mal.

Oscar et la dame en rose
Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel
Oscar et la dame en rose
 

Nom de Dieu de nom de Dieu

– Moi, je ne veux pas rester ici. J’ai peur, ici. J’ai peur de Belito. J’ai pas envie d’avoir douze ans et d’aller à la ferraille.
– Aller à la ferraille ?
– Quand j’aurai douze ans, je devrai aller à la ferraille. Comme Toni. Le soir, la nuit, aller démonter les rails ou les fils électriques au-dessus des trains. C’est dangereux. et on doit se battre avec les Gitans, on les a au cul.
– Pour quoi faire ?
– Pour les vendre, malin ! Tu sais ce que ça vaut, un rail ? Faut voler les croix de bronze dans les cimetières, les dessus de poubelles, les gouttières, les plaques d’égout. Je sais bien, un jour j’ai été avec Toni, pour voir. Même les panneaux de signalisation, faut les prendre.
Hans se plonge le front dans les mains. Il murmure à part lui.
– Nom de Dieu de nom de Dieu.

Grégoire Polet
Chucho
(Page 69)
Gallimard
Chucho