Je suis plus habitué à rouler ma vie qu’à l’écrire

Anquetil, qui, comme on le sait, s’intéressait assez peu aux péripéties de la course, avait, lorsqu’on lui demandait comment la journée s’était écoulée, l’habitude de dire : « Demandez à Chany, moi, je pédalais. Je suis plus habitué à rouler ma vie qu’à l’écrire. »

Paul Fournel
Anquetil tout seul
Page 143
Seuil
Anquetil tout seul
 

Paris vous donne envie de vous sentir vivant

Ses paroles sont restées en suspens. Je ne savais plus qui me parlait, elle ou la ville. C’est comme ça, Paris. On a beaucoup écrit sur sa beauté, sur ses splendeurs, et ma foi, tout est vrai. Chaque édifice est une petite merveille d’architecture, un régal pour l’œil. Paris est une belle femme qui ne sait belle, qui aime ça et qui n’a pas à se forcer pour le prouver.

Qui plus est, Paris vous donne l’impression de vous sentir – à défaut de terme plus approprié – vivant. Correction, Paris vous donne envie de vous sentir vivant.

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Il m’a fallu la dompter comme le cow-boy son mustang. Mais je l’ai eue, la salope.

Ne plus écrire… On me dit : « L’ordinateur. Traitement de texte. Tu tapes, tu mets ton texte en page, un velours. » Je n’ai jamais approché d’une simple machine à écrire. Il y a des réflexes à acquérir, ou alors d’un doigt, comme les gendarmes ? J’ai essayé. ragé. J’allais quand même plus vite – mais en bavant – avec ma patte folle. On me dit « Dicte. » Ça ne marche pas, pas avec moi. Besoin des doigts, de raturer, de surcharger, de me battre avec le papier, avec l’idée, au rythme de mon exaltation. J’écris avec tout mon corps, tête, ventre, pieds et cul compris. Une locomotive. Une fois lancé…

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