Mon pauvre Raymond, encore une fois, tu vas faire deux !

En 1974, devenu sélectionneur de l’équipe de France, Anquetil ne manquera pas de sélectionner son ami Raymond, qui, une fois encore, finira second, mais derrière Eddy Merckx, cette fois. Pas de chance.
La légende veut même que sur son lit de mort, Anquetil ait dit : « Mon pauvre Raymond, je m’en irai donc avant toi. Encore une fois, sur ce coup là, tu vas faire deux ! » Poulidor, interrogé sur la véracité de ce mot, a modestement assuré que sa mémoire n’était pas sûre mais que si, par hasard, ce n’était pas vrai, cela aurait parfaitement pu l’être : Anquetil était bien capable de le chambrer jusqu’à son dernier souffle. Mais à cet instant-là Poulidor n’était sans doute pas d’humeur à rie. C’était bien un ami véritable qu’il perdait.

Paul Fournel
Anquetil tout seul
Pages 123 et 124
Seuil
Anquetil tout seul
 

Un bon politicien doit savoir…

Un bon politicien doit pouvoir prédire ce qui arrivera demain, la semaine prochaine, le mois prochain et l’année suivante ; après quoi il doit povoir expliquer pourquoi rien de tout cela ne s’est produit.

François Kersaudy
Le Monde selon Churchill

Sentences, confidences, prophéties, réparties
Page 217 – L’humour
Taillandier

Le Monde selon Churchill

 

Nous ne sommes pas parfaits. Nos téléphones ne sont pas parfaits. Nous le savons tous. Mais nous voulons le bonheur de nos clients.

Il subjugua son auditoire en quatre phrases : « Nous ne sommes pas parfaits. Nos téléphones ne sont pas parfaits. Nous le savons tous. Mais nous voulons le bonheur de nos clients. »
(…)
Scott Adams, le créateur de Dilbert, était tout aussi incrédule, mais bien plus admiratif. Il écrivit sur un blog quelques jours plus tard (que Steve transféra fièrement à ses proches) qu’il était émerveillé par les « grandes manœuvres » de Jobs, qui seraient un jour étudiées comme les nouveaux standards en matière de relations publiques. « La réaction d’Apple au problème de l’iPhone 4 n’a rien à voir avec ce qu’on apprend dans les écoles de communication ; car Jobs a ses propres règles. Si vous voulez savoir à quoi ressemble le génie, étudiez les paroles de Jobs. » En proclamant en public que les téléphones n’étaient pas parfaits, le patron d’Apple avait transformé une argumentation en affirmation indiscutable. « Si Jobs n’avait pas déplacé le débat de l’iPhone 4 aux smartphones en général, j’aurais pu créer une bande dessinée hilarante sur un produit défaillant qui ne marchait plus dès qu’il entrait en contact avec une main humaine. Mais dès qu’il s’agit d’une problématique généraliste sur les téléphones, l’humour ne prend plus. Rien n’étouffe mieux l’humour qu’une vérité générale et ennuyeuse. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Pages 588 et 589)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Les hommes ont aussi un cerveau et une raison

Ils parlaient presque tous le français.

– Nous parlons tous… presque le français, rectifia Klaus qui avait de l’humour et intervenait dans les traductions difficiles.

Au mur, il avisa une phrase de Léo Lagrange. La transmit en allemand à ses camarades : « S’il plait à certains, en défilant au pas cadencé, de nous rappeler que les hommes ont des pieds, nous nous en excusons auprès d’eux de penser que les hommes ont aussi un cerveau et une raison. »

Les compagnons sourirent. Applaudirent :

– C’est pour le cerveau et la raison que nous sommes ici.

Georges Coulonges
L’été du grand bonheur
Presses de la cité
L'été du grand bonheur - Georges Coulonges
 

C’est le fait d’un créateur-né que de donner plus qu’on ne croit donner

Il est très beau ton livre, Catherine. Il contient tout ce que tu y as mis : ton humour, ta rosserie, ta spontanéité, et aussi, comme je viens de le voir, des choses en plus. C’est le fait d’un créateur-né que de donner plus qu’on ne croit donner.

François Cavanna
Préface de Mes hommes de lettres
par Catherine Meurisse
Éditions Sarbacane