Tu dois changer de cap, orienter Apple vers un autre produit. Tu dois être comme un papillon et accomplir ta métamorphose.

Ils passèrent le reste du temps à parler de l’avenir d’Apple. Jobs voulait édifier une société qui lui survive et il lui demanda conseil. Markkula lui répondit que les sociétés qui perdurent sont celles qui savaient se renouveler. C’est ce qu’avait fait sans cesse Hewlett-Packard ; elle avait commencé par construire des instruments de mesure, puis des calculettes, puis des ordinateurs. « Apple a été évincé par Microsoft sur le marché des micro-ordinateurs, lui expliqua Markkula. Tu dois changer de cap, orienter Apple vers un autre produit. Tu dois être comme un papillon et accomplir ta métamorphose. » Jobs ne fut guère loquace, mais il retint la leçon.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Pages 369 et 370)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

La philosophie marketing d’Apple. Un : L’empathie. Deux : La convergence. Trois : L’incarnation.

Markkula consigna les principes fondateurs sur une page, intitulé « La philosophie marketing d’Apple. » Un : L’empathie, une connexion intime avec les attentes des clients. « Nous devons comprendre leurs besoins mieux que tout autre entreprise. » Deux : La convergence. « Afin que notre travail soit le plus efficace possible, il faut éliminer toute activité d’importance secondaire. »
Le troisième principe, tout aussi fondamental, était nommé, bizarrement : L’incarnation. Il était question de l’opinion que les gens se font d’une société en fonction des signaux qu’elle leur envoie. « Les gens jugent un livre à sa couverture, écrivait-il. Nous pouvons avoir le meilleur produit du marché, la meilleure qualité, le meilleur système d’exploitation, etc., si nous les présentons d’une manière merdique, tout sera perçu comme de la merde. Si nous les présentons d’une façon créative et professionnelle, nous « incarnons » de fait ces qualités. »
Durant le reste de sa carrière, Jobs se souciera, parfois avec excès, de l’image de ses produits, poussant le souci du détail jusqu’au carton d’emballage : « Quand on ouvre la boîte d’un iPhone ou d’un iPad, il faut que cette expérience tactile donne le ton, oriente déjà la façon dont le client va percevoir le produit. C’est Mike qui m’a appris ça. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(pages 104-105)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Il disait qu’il ne fallait jamais lancer une entreprise dans le but de devenir riche. Il fallait avant tout de la sincérité.

Markkula devint une nouvelle fugure paternelle pour Jobs. Comme son père adoptif, il se plierait à la volonté de fer du jeune homme ; et comme son pére biologique, il l’abandonnerait. « Markkula et Steve, c’était l’exemple même d’une relation père-fils » , me confiera le financier Arthur Rock. Markkula commença à lui donner des cours de marketing. « Mark m’a pris sous son aile. Nous avions les mêmes valeurs. Il disait qu’il ne fallait jamais lancer une entreprise dans le but de devenir riche. Il fallait avant tout de la sincérité, croire en ce que l’on faisait. Et viser la pérennité de la société. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 104)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson