Il écrit des poèmes, sous pression du cri intérieur.

Je vois Paul Pavlovitch devant moi. Il a vingt ans. Il écrit des poèmes, sous pression du cri intérieur. Mais il reste toujours du cri derrière et encore et encore. Le cri n’arrivait pas à sortir et se gonflait. Il se mettait à pourrir. Le cri n’arrivait pas à se libérer et le crime restait à l’intérieur. La vie continuait, à des crimes défiant toute concurrence. Alors le cri devient Condor Royal des Andes, réussit à s’élever et j’ai eu des ennuis pour la première fois, parce que m’étais posé sur un toit et ne voulait pas descendre. Je devins légume, artichaut, mais je ne suis pas resté artichaut longtemps, parce qu’on l’effeuille, on le savoure, et il est nourrissant, c’était la même chose que d’être un poète, on continue à vous savourer.

Pseudo
Romain Gary (Emile Ajar)
Gallimard
Pseudo de Romain Gary (Emile Ajar)
 

S’il y a une chose dont les mots ont horreur, c’est les jeux de mots : ça les débusque

S’il y a une chose dont les mots ont horreur, c’est les jeux de mots : ça les débusque. Enlevez aux mots leur sérieux, leur creux et leur pseudo-pseudo et ils sont menacés de santé et de bonnes joues fraiches. Les mots ont horreur de la santé parce que ça les rend malades.

Pseudo
Romain Gary (Emile Ajar)
Gallimard
Pseudo de Romain Gary (Emile Ajar)