Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns…Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences, je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.
Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable.

Jacques Brel

Les vœux de Jacques BREL,
le 1er janvier 1968 (Europe 1)


Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir

 

Seul Dieu a le droit de me réveiller

Cher Dieu,
Le petit garçon est mort.
Je serai toujours dame rose mais je ne serai plus jamais Mamie-Rose. Je ne l’étais que pour Oscar.
Il s’est éteint ce matin, pendant la demi-heure où ses parents et moi sommes allés prendre un café. Il a fait ça sans nous. Je pense qu’il a attendu ce moment-là pour nous épargner. Comme s’il voulait nous éviter la violence de le voir disparaître. C’était lui, en fait, qui veillait sur nous. J’ai le coeur gros, j’ai le coeur lourd, Oscar y habite et je ne peux le chasser. Il faut que je garde encore mes larmes pour moi, jusqu’à ce soir, parce que je ne veux pas comparer ma peine à celle, insurmontable, de ses parents.
Merci de m’avoir fait connaître Oscar. Grâce à lui, j’étais drôle, j’inventais des légendes, Continue reading « Seul Dieu a le droit de me réveiller »

 

J’ai éclaté de rire. Elle s’est mise à pleurer.

Pour finir, Arvid a été autorisé à quitter l’hôpital. Il pouvait marcher tout seul, mais il avait une démarche d’un vieil homme. Ses mâchoires en revanche fonctionnaient à merveille.
– On peut aller à la crèche maintenant ? a-t-il dit ? S’il te plait papa, s’il te plait ? Je veux raconter à Lina ! Elle s’est seulement fait écraser par un vélo, elle !
J’ai éclaté de rire.
Désirée s’est mise à pleurer.

Katarina Mazetti
Le caveau de famille
(pages 187 et 188)
Gaïa éditions
Le caveau de famille

 

 

Il est né un 6 janvier, le jour des Rois, alors il s’est appelé Baltasar

Le coup de pied part et le petit ne l’évite pas. Coup de pied dur, dans les côtes. Le petit ne tombe pas mais il se met à pleurer en se tenant le flanc. Toni s’adosse au tronc du tilleul.

– Et d’abord, quand on s’appelle Baltasar, on pleure pas. Ça fait déjà trop pleurer de rire.

Baltasar pleure. Il est né un 6 janvier, le jour des Rois, alors il s’est appelé Baltasar.

Grégoire Polet
Chucho
(Page 18)
Gallimard
Chucho
 

Barcelone, quartier populaire de Poble Sec, sur le versant de Montjuic. Août. Chaleur.

– Touche pas à la lampe, gamin. Tu sais bien que je ne veux pas.

Le gamin garde le doigt sur l’épaisse mèche noire, un peu sous la flamme. La veille lui claque la tapette à mouches sur l’avant-bras.

– C’est toi qui vas l’éteindre, avec ton vent.

La vieille, enfoncée dans son poids :

– Dis pas ça gamin. Ça fait douze ans que je m’en occupe. T’étais pas né. Elle s’est jamais éteinte, pas une seconde.

– Je sais bien, Dumbre.

Le gamin retire son doigt. Il se frotte la dent.

Continue reading « Barcelone, quartier populaire de Poble Sec, sur le versant de Montjuic. Août. Chaleur. »

 

Paris vous donne envie de vous sentir vivant

Ses paroles sont restées en suspens. Je ne savais plus qui me parlait, elle ou la ville. C’est comme ça, Paris. On a beaucoup écrit sur sa beauté, sur ses splendeurs, et ma foi, tout est vrai. Chaque édifice est une petite merveille d’architecture, un régal pour l’œil. Paris est une belle femme qui ne sait belle, qui aime ça et qui n’a pas à se forcer pour le prouver.

Qui plus est, Paris vous donne l’impression de vous sentir – à défaut de terme plus approprié – vivant. Correction, Paris vous donne envie de vous sentir vivant.

Continue reading « Paris vous donne envie de vous sentir vivant »

 

L’homme eut le même regard qu’un cerf ébloui par des phares en pleine nuit

Au volant, un homme d’une cinquantaine d’année en complet-veston. La jeune fille qui occupait le siège passager avait dû choisir sa tenue dans le catalogue Quelle Pouf, comme les filles du centre commercial le lui avaient appris récemment.

Avec un grand sourire, Myron se pencha vers le conducteur.

– Woah, monsieur, en vacances avec votre fille ?

Continue reading « L’homme eut le même regard qu’un cerf ébloui par des phares en pleine nuit »

 

Pas mal de femmes roulent vers lui des regards veloutés

Pas mal de femmes, justement, se trouvent là : nombre d’épouses mais aussi des indépendantes qui, jugeant Grégor à leur goût, roulent vers lui des regards veloutés, retenus mais candidats – les regards des épouses sonnant la même clef bien que sur un moindre vibrato. Hélas Continue reading « Pas mal de femmes roulent vers lui des regards veloutés »