On ne nait pas femme, on le devient.

On ne nait pas femme, on le devient. C’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castra qu’on qualifie de féminin.

Simone de Beauvoir
Debout les morts !
Interview par Stéphanie Fromentin
France Inter
24 mars 2012
 

Surmonter cette solitude qui nous est commune à tous

Toute douleur déchire ; mais ce qui la rend intolérable, c’est que celui qui la subit se sent séparé du monde ; partagée, elle cesse d’être un exil. Ce n’est pas par délectation morose, par exhibitionnisme, par provocation que souvent les écrivains relatent des expériences affreuses ou désolantes : par le truchement des mots, ils les universalisent et ils permettent aux lecteurs de connaître, au fond de leurs malheurs individuels, les consolations de la fraternité. C’est à mon avis une des tâches essentielles de la littérature et ce qui la rend irremplaçable : surmonter cette solitude qui nous est commune à tous et qui cependant nous rend étrangers les uns aux autres.

Tout compte fait
Simone de Beauvoir
 

Surmonter cette solitude qui nous est commune à tous

Toute douleur déchire ; mais ce qui la rend intolérable, c’est que celui qui la subit se sent séparé du monde ; partagée, elle cesse au moins d’être un exil. Ce n’est pas par délectation morose, par exhibitionnisme, par provocation que souvent les écrivains relatent des expériences affreuses ou désolantes : par le truchement des mots, ils les universalisent et ils permettent aux lecteurs de connaître, au fond de leurs malheurs individuels, les consolations de la fraternité. C’est à mon avis une des tâches essentielles de la littérature et ce qui la rend irremplaçable : surmonter cette solitude qui nous est commune à tous et qui cependant nous rend étrangers les uns des autres.

Tout compte fait
Simone de Beauvoir
Gallimard

NB. Cette citation est aussi la préface du livre d’Anny Duperey « je vous écris » aux éditions du Seuil.

 

L’oppression du langage

Je m’étais toujours débattue contre l’oppression du langage ; à présent je me répétais la phrase de Barrès : « Pourquoi les mots, cette précision brutale qui maltraite nos complications ? ». Dès que j’ouvrais la bouche, je donnais Continue reading « L’oppression du langage »