Depuis 1900, la consommation mondiale d’énergie a été multipliée par vingt

Un homme moderne dispose d’esclaves mécaniques, dont l’énergie est équivalente à des centaines d’esclaves du monde romain.

Depuis 1900, la consommation mondiale d’énergie a été multipliée par vingt.

En consommant, en quelques décennies, des réserves de charbon, de pétrole et de gaz que la nature avait mis des centaines de millions d’années à constituer, le genre humain a rompu l’équilibre de l’atmosphère, qui lui avait procuré dix mille ans d’un climat favorable à son développement.

Une objection courante est faite à ce diagnostic : le carbone du gaz carbonique s’échange en grandes quantités dans les deux sens avec l’océan et la végétation terrestre pour 70 à 120 milliards de tonnes par an, alors que les activités humaines en rejettent 7,5 milliards, auxquelles il faut ajouter 1,5 milliards dues à la déforestation, soit 9 milliards. La nature n’est-elle pas capable de s’adapter en absorbant ces émissions dues aux hommes ? Les scientifiques sont en mesure d’estimer que l’océan, comme la végétation terrestre, ne peuvent absorber par an, chacun, que 2 milliards de plus qu’ils n’en rejettent, soit un solde de 4 milliards, donc un peu moins de la moitié de ce que l’homme produit.

La synthèse chlorophyllienne est plus active l’été dans notre hémisphère, qui comporte bien plus de forêts que l’hémisphère sud, ce qui explique une variation saisonnière de la teneur en CO2.

L’homme est donc responsable d’une lente et régulière montée de la concentration en gaz carbonique.

Son analyse, en particulier par les concentrations isotopiques, montre la présence de rejets provenant des charbons brûlés, dont la fabrication par la nature date de centaines de millions d’années. Or le gaz carbonique, gaz stable, a une très longue durée de séjour dans l’atmosphère. Notre action, ou absence d’action, enclenche des conséquences lourdes et irréversibles pour des siècles et même des millénaires !

La teneur de l’atmosphère en méthane, CH4, dépend surtout d’émission de zones inondées, dont les rizières, des fuites de l’industrie pétrolière, et de l’élevage des ruminants. Une vache opacifie l’atmosphère comme une petite voiture.

Celle de l’oxyde nitreux, N20, a été augmentée par l’usage massif d’engrais azotés par l’agriculture et de fuites industrielles.

Jacques Peter
Contenir le réchauffement climatique.
Un défi pour nos petits-enfants.
Pages 29 et 30
Edition Amalthée
Jacques Peter - contenir le rechauffement climatique
 

Ils étaient super sympas avec le pauvre blaireau de la campagne, ils parlaient très distinctement et traduisaient tout de suite en mots à deux syllabes ceux à quatre

Ce n’est pas qu’ils n’étaient pas sympathiques, pas du tout ! Ils étaient super sympas avec le pauvre blaireau de la campagne, ils parlaient très distinctement et traduisaient tout de suite en mots à deux syllabes ceux à quatre. Un gars qui travaillait à l’institut de formation et qui conduisait une BMW, il m’a tapé dans le dos en disant qu’il avait toujours voulu travailler avec son corps, et il ne fallait pas négliger toutes les subventions et les possibilités de déduire les frais, et je n’aurais pas par hasard de la bonne viande à vendre ? Et une petite bibliothécaire exaspérante m’a demandé ce que les paysans faisaient en hiver. « Tu veux dire pendant l’hibernation des vaches ? » ai-je sifflé et ça a tout de suite refroidi l’ambiance à notre table.

Katarina Mazetti
Le mec de la tombe d’à côté
(page 184)
Babel
Le mec de la tombe d'a cote