L’ennui faisait partie de la vie, et l’enrichissait en encourageant l’imagination, la créativité

Quelle jouissance de ne rien faire, paresser, se prélasser, flemmarder ou tirer sa flemme – le vocabulaire à l’éloge de la paresse est d’une infinie richesse – ne pas en ficher une rame. Savoureux ! Ou encore, un mot qu’elle affectionnait particulièrement, « s’acagnarder », aux sonorités gasconnes, un rien vulgaire dans les « a », les « gna », qui sonnent gras là-bas, mais tellement imagés… Il est tout acagnardé par la fainéantise, ce gafet !… Pourtant, aucun n’avait autant de charme que l’Italien « fare niente ».
Continue reading « L’ennui faisait partie de la vie, et l’enrichissait en encourageant l’imagination, la créativité »

 

Je n’ai pas peur de l’inconnu. C’est juste que ça m’ennuie de perdre ce que je connais

Au retour, j’ai dormi longtemps. J’ai de plus en plus sommeil. Comme une fringale. En me réveillant, j’ai dit à Mamie-Rose :
– En fait, je n’ai pas peur de l’inconnu. C’est juste que ça m’ennuie de perdre ce que je connais.

Oscar et la dame en rose
Eric-Emmanuel Schmitt
Albin Michel
Oscar et la dame en rose