Dans la vie, les choses qui ont le plus de valeur sont celles qui n’ont pas de prix

Le problème, c’est qu’elle ne se sentait plus en sécurité nulle part. Depuis quelques années, son existence était devenue une suite sans fin d’errances et d’excès qui la détruisaient chaque jour davantage, et le milliard de dollars dont elle venait d’hériter ne changerait rien à l’affaire.
Dans la vie, les choses qui ont le plus de valeur sont celles qui n’ont pas de prix.
Alyson avait mis longtemps à le comprendre.
Trop longtemps.

Guillaume Musso
Parce que je t’aime
Page 93
Pocket
Parce que je t'aime
 

La décontraction ne vient qu’après la bataille, pas avant.

Jean Stablinski est un coureur libre. Libre de ses mouvements, libre de ses paroles. Il est rapide, il est volontaire, il sait gagner. Il est si libre qu’il peut parfaitement se mettre au service d’un leader lorsque son esprit de liberté le commande. Il est un coureur professionnel qui compte et sait compter. Anquetil regarde avec envie le maillot de champion du monde qu’il a adopté il y a un an afin de se changer des innombrables maillots de champion de France. C’est un coureur d’un jour redoutable. (…)
Lorsqu’il dresse un rare portrait de celui dont il fut le plus brillant, le plus dévoué et le plus fidèle lieutenant, il mérite d’être écouté. (…)
La portrait qu’il dresse du coureur est lucide, celui qu’il dresse de l’homme est fin : « Ce n’est pas un garçon tellement facile dans la vie courante. Il est beaucoup plus soucieux qu’on le pense. La décontraction ne vient qu’après la bataille, pas avant. » Il insiste sur les prétendus excès alimentaires de Jacques en suggérant que ce sont des faits de course. Il s’agit de guerre psychologique : le homard thermidor est une arme contre ses adversaires au régime et du pain bénit pour les journalistes.

Paul Fournel
Anquetil tout seul
Pages 101 et 102
Seuil
Anquetil tout seul
 

Il sait que ses fesses sont trouées comme une passoire

Anquetil répète qu’il se drogue dans France Dimanche et c’est le tollé général. Il a péché par excès de franchise. Il doit se cacher, il doit ruser, mentir. On voudrait tant qu’il se rétracte. Or, il insiste en affirmant que ceux qui pensent que l’on peut faire de la course cycliste sans se doper sont des menteurs. Il sait que ses fesses sont trouées comme une passoire. Ce sont les siennes.

En attendant, au vu de tous, il met dans son bidon de la bière brune, du sucre et de la caféine : un point d’ivresse et deux points d’énergie. Tout ce qu’il faut pour faire un vainqueur.

Plus tard, il s’essaiera même au pastis, sans doute infusé dans son bidon par ses succès au Super Prestige Pernod. Mais tout cela est parfaitement autorisé par la brigade.

Paul Fournel
Anquetil tout seul
Pages 66 et 67
Seuil
Anquetil tout seul