Tu es en train d’interférer avec des affaires de coeur. Or le coeur, c’est comme une zone de guerre.

– Arrête de faire l’andouille. Ce que je dis, c’est qu’on ne doit pas interférer, même avec les meilleures intentions du monde. C’est dangereux et c’est de l’ingérence. Quand tu as eu ton gros problème avec Jessica, tu aurais voulu qu’on s’en mêle tous pour essayer de t’aider ?
Myron le regarda avec des yeux de carpe.
– Tu compares mes déboires sentimentaux avec ta disparition, alors que ta femme est enceinte ?
– Seulement sur un point : c’est insensé et franchement mégalo de croire que tu as ce genre de pouvoir. Ce qui se passe entre Suzze et moi… ce n’est plus ton problème. Il faut que tu respectes ça.
– Maintenant que je te sais sain et sauf, je le respecte.
– Bien. Et à moins que ton frère ou ta belle-sœur n’ait demandé ton aide, tu es en train d’interférer avec des affaires de cœur. Or le cœur, c’est comme une zone de guerre. Comme une intervention en Irak ou en Afghanistan. Tu te vois en héros, en sauveur, mais en réalité tu ne fais qu’aggraver la situation.
Nouveau regard de carpe.
– Tu compares mon inquiétude pour ma belle-sœur à la guerre en Irak ?
– Comme les États-Unis, tu fais de l’ingérence. La vie est pareille à un fleuve. Si tu changes son cours, tu es responsable de la direction qu’il prend.

Harlan Coben
Sous haute tension
(Page 115)
Belfond Noir
Harlan Coben, sous haute tension
 

La prééminence de l’inné sur l’acquis.

Papa se pencha en avant.
– Nous autres parents, nous surestimons très largement notre importance.
– Tu es trop modeste.
– Pas du tout. Je sais que tu nous prends, ta mère et moi, pour des parents exemplaires. Ça me fait plaisir. Sincèrement. Et peut-être que nous l’avons été pour toi, même si tu as occulté bon nombre de nos défaillances.
– Comme quoi ?
– Je ne vais pas ressasser mes erreurs maintenant. La question n’est pas là, d’ailleurs. Nous avons été de bons parents, je suppose. La plupart des gens le sont. Ils font de leur mieux et, s’ils commettent des erreurs, c’est parce qu’ils veulent trop bien faire. Mais en vérité, nous, les parents, sommes dans le meilleur des cas, disons, des mécanos. Continue reading « La prééminence de l’inné sur l’acquis. »

 

Les vrais amis, tu leur montres l’ordure, et ils s’attachent à toi.

– Bref, les vrais amis. Tu leur dévoiles tous les trucs pas ragoûtants qu’il y a dans ta caboche. Toute la merde quoi.
Lex se redressa, il était lancé.
– Et tu sais le plus bizarre, là-dedans ? Tu sais ce qui se passe quand on se livre complètement et qu’on laisse voir à l’autre qu’on est total dégénéré ?
Myron secoua la tête.
– Ton ami ne t’en aime que davantage. Avec les autres, on affiche une façade pour planquer l’ordure et pour se faire bien voir. Mais les vrais amis, tu leur montres l’ordure, et ils s’attachent à toi. C’est quand on fait tomber le masque qu’on crée des liens. Alors pourquoi on ne fait pas ça avec tout le monde, hein, Myron ? Je te le demande.

Harlan Coben
Sous haute tension
(Page 39)
Belfond Noir
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Ton coeur est comme un parachute… Il s’ouvre seulement quand tu tombes.

– Voici mon conseil : soyez sincères l’un envers l’autre. Totalement sincères.
Myron marqua une pause. Comme Lex n’avait manifestement rien à ajouter, il finit par demander :
– C’est tout ?
– Tu t’attendais à quelque chose de plus profond ?
Myron haussa les épaules.
– Un peu, oui.
– Il y a cette chanson que j’adore, fit Lex. Ça dit : « ton cœur est comme un parachute. » Tu sais pourquoi ?
– Il me semble que ça parle de l’esprit qui est comme un parachute… Il fonctionne seulement quand il est ouvert.
– Non, je connais ça. Celle-ci est mieux : « Ton cœur est comme un parachute… Il s’ouvre seulement quand tu tombes. »
Il sourit.
– Pas mal, hein ?
– Pas mal.

Harlan Coben
Sous haute tension
(Page 38)
Belfond Noir
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Une fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité

Ce n’est pas possible.
Cette pensée m’obsédait, un vrai leitmotiv. Peut être que j’espérais me tromper, je ne sais pas… mais comme je l’ai déjà dit, la vérité a une odeur bien particulière. Quant au « pas possible », on en revient toujours à l’axiome de Sherlock Holmes : une fois qu’on a éliminé l’impossible, ce qui reste, aussi improbable que cela soit, doit être la vérité.

Harlan Coben
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Elle me regardait comme si j’étais transparente

Je n’ai jamais su son nom. Elle n’était pas très aimable. Comme tous les autres d’ailleurs. L’amour de Dieu, ils n’avaient que ça à la bouche, mais je ne les sentais pas. Bref, on avait des toilettes en commun. moi, je disais bonjour. Et elle me regardait comme si j’étais transparente. Vous voyez le tableau ?

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Ils paraissaient si vieux, tout à coup. C’est souvent comme ça, non ?

Ils paraissaient si vieux, tout à coup. C’est souvent comme ça, non ? Quand on n’a pas vu un enfant depuis un bout de temps, on s’étonne de découvrir combien il a grandi. Quand on n’a pas vu une personne âgée depuis un bout de temps, on s’étonne de découvrir combien elle a vieilli. A quel moment mes parents si dynamiques avaient-ils franchi la ligne ? Maman avait la tremblote, son Parkinson s’aggravait. Son esprit, déjà un brin excentrique à la base, voguait à la dérive. Papa se portait relativement bien, malgré quelques petits soucis cardiaques, mais nom de Dieu ce qu’ils avaient l’air vieux !

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A mesure que vous tentez de vous le remémorer, il se dissipe comme un nuage de fumée

Il y a autre chose là, dans un recoin de mon cerveau, qui m’échappe. Un rêve, peut être. Vous connaissez ce sentiment : vous vous réveillez, le cauchemar est encore très présent, mais, à mesure que vous tentez de vous le remémorer, il se dissipe comme un nuage de fumée. C’est ce qui m’arrive à l’instant. J’essaie de me raccrocher aux images, mais elles s’évanouissent.

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Son maquillage semblait avoir été appliqué avec des balles de paintball dans un placard sans lumière

Le pub était vieux et décrépit, avec un petit air factice qui ne l’en rendait que plus authentique. Les femmes étaient grandes, avec une forte poitrine et une tignasse en désordre. Beaucoup portait un sweat Flashdance, genre qui découvre une épaule. L’une d’elles a lorgné Win. Il lui manquait plusieurs dents. Elle avait de petits rubans dans les cheveux, qui ne retenaient rien du tout, style Madonna à l’époque de Starlight, et son maquillage semblait avoir été appliqué avec des balles de paintball dans un placard sans lumière.

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Paris vous donne envie de vous sentir vivant

Ses paroles sont restées en suspens. Je ne savais plus qui me parlait, elle ou la ville. C’est comme ça, Paris. On a beaucoup écrit sur sa beauté, sur ses splendeurs, et ma foi, tout est vrai. Chaque édifice est une petite merveille d’architecture, un régal pour l’œil. Paris est une belle femme qui ne sait belle, qui aime ça et qui n’a pas à se forcer pour le prouver.

Qui plus est, Paris vous donne l’impression de vous sentir – à défaut de terme plus approprié – vivant. Correction, Paris vous donne envie de vous sentir vivant.

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