Nom de Dieu de nom de Dieu

– Moi, je ne veux pas rester ici. J’ai peur, ici. J’ai peur de Belito. J’ai pas envie d’avoir douze ans et d’aller à la ferraille.
– Aller à la ferraille ?
– Quand j’aurai douze ans, je devrai aller à la ferraille. Comme Toni. Le soir, la nuit, aller démonter les rails ou les fils électriques au-dessus des trains. C’est dangereux. et on doit se battre avec les Gitans, on les a au cul.
– Pour quoi faire ?
– Pour les vendre, malin ! Tu sais ce que ça vaut, un rail ? Faut voler les croix de bronze dans les cimetières, les dessus de poubelles, les gouttières, les plaques d’égout. Je sais bien, un jour j’ai été avec Toni, pour voir. Même les panneaux de signalisation, faut les prendre.
Hans se plonge le front dans les mains. Il murmure à part lui.
– Nom de Dieu de nom de Dieu.

Grégoire Polet
Chucho
(Page 69)
Gallimard
Chucho
 

Ils paraissaient si vieux, tout à coup. C’est souvent comme ça, non ?

Ils paraissaient si vieux, tout à coup. C’est souvent comme ça, non ? Quand on n’a pas vu un enfant depuis un bout de temps, on s’étonne de découvrir combien il a grandi. Quand on n’a pas vu une personne âgée depuis un bout de temps, on s’étonne de découvrir combien elle a vieilli. A quel moment mes parents si dynamiques avaient-ils franchi la ligne ? Maman avait la tremblote, son Parkinson s’aggravait. Son esprit, déjà un brin excentrique à la base, voguait à la dérive. Papa se portait relativement bien, malgré quelques petits soucis cardiaques, mais nom de Dieu ce qu’ils avaient l’air vieux !

Harlan Coben
Sans laisser d’adresse
Thriller
Pocket
harlan coben