La nuit n’est jamais complète.

La nuit n’est jamais complète.
Il y a toujours, puisque je le dis,
Puisque je le l’affirme,
Au bout du chagrin
Une fenêtre ouverte,
Une fenêtre éclairée,
Il y a toujours un rêve qui veille,
Désir à combler, faim à satisfaire,
Un cœur généreux,
Une main tendue, une main ouverte,
Des yeux attentifs.
Une vie, la vie à se partager.

Paul Eluard
Paroles d’espoir
Par Michel Piquemal, Marc de Smedt, Michele Ferri
Albin Michel
Paroles d'espoir
 

Ce qu’on est obligé de supporter, on peut tout aussi bien apprendre à l’aimer

– Dix heures ? a-t-elle dit d’une voix assez pointue.

– Après tu liras avec une lampe de poche sous la couverture. Je me lève à cinq heures et demie, moi.

Elle pouffa.

– Tu sais, c’est comme ça que les livres sont les meilleurs.

Voyez, un petit nuage de perturbations que nous avons réussi à dissiper en bonne intelligence. C’était prometteur pour l’avenir. Ce qu’on est obligé de supporter, on peut tout aussi bien apprendre à l’aimer.

Et j’allais l’avoir auprès de moi, toutes les nuits. En réalité, elle aurait pu installer un système d’éclairage digne d’une patinoire de hockey sur glace, je me serais quand même endormi heureux comme un pape tous les soirs. Avec un masque sur les yeux, s’il le fallait.

Katarina Mazetti
Le caveau de famille
Pages 71 et 72
Gaïa éditions
Le caveau de famille
 

Nom de Dieu de nom de Dieu

– Moi, je ne veux pas rester ici. J’ai peur, ici. J’ai peur de Belito. J’ai pas envie d’avoir douze ans et d’aller à la ferraille.
– Aller à la ferraille ?
– Quand j’aurai douze ans, je devrai aller à la ferraille. Comme Toni. Le soir, la nuit, aller démonter les rails ou les fils électriques au-dessus des trains. C’est dangereux. et on doit se battre avec les Gitans, on les a au cul.
– Pour quoi faire ?
– Pour les vendre, malin ! Tu sais ce que ça vaut, un rail ? Faut voler les croix de bronze dans les cimetières, les dessus de poubelles, les gouttières, les plaques d’égout. Je sais bien, un jour j’ai été avec Toni, pour voir. Même les panneaux de signalisation, faut les prendre.
Hans se plonge le front dans les mains. Il murmure à part lui.
– Nom de Dieu de nom de Dieu.

Grégoire Polet
Chucho
(Page 69)
Gallimard
Chucho
 

Pour ses enfants, comme on les a fait, on s’imagine que forcément on va pouvoir tout maîtriser

– J’ai mal dormi, il faut dire que Ronan ne fait plus ses nuits.

– Comment ça il ne fait plus ses nuits.

– Il les a presque faites, mais là, depuis une semaine il se réveille à 3h du matin.

– Avec les enfants on ne maîtrise pas tout.

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