Je l’aime et je ne pourrais jamais accepter de vivre sans elle.

Alors je lui ai dit « Je l’aime et je ne pourrais jamais accepter de vivre sans elle. » Et tu sais ce qu’il a fait, ce français qui-a-tout-perdu-en-influences ? Il s’est mis à pleurer, il m’a rendu mes cinq mille francs légers, en disant « Ah putain de merde, merci, Monsieur, c’est bon de savoir que ça existe! »
– Tu mens, faux jeton.
– Bon, ça ne s’est peut-être pas passé comme ça parce qu’enfin, cinq mille francs, c’est cinq mille francs, mais je te jure que c’est vrai, c’est comme ça que je le sens, et je n’ai même rien eu à payer !

Romain Gary
Au delà de cette limite votre ticket n’est plus valable
Gallimard
(Page 177)
Au delà de cette limite votre ticket n'est plus valable
 

J’ai éclaté de rire. Elle s’est mise à pleurer.

Pour finir, Arvid a été autorisé à quitter l’hôpital. Il pouvait marcher tout seul, mais il avait une démarche d’un vieil homme. Ses mâchoires en revanche fonctionnaient à merveille.
– On peut aller à la crèche maintenant ? a-t-il dit ? S’il te plait papa, s’il te plait ? Je veux raconter à Lina ! Elle s’est seulement fait écraser par un vélo, elle !
J’ai éclaté de rire.
Désirée s’est mise à pleurer.

Katarina Mazetti
Le caveau de famille
(pages 187 et 188)
Gaïa éditions
Le caveau de famille

 

 

Il est né un 6 janvier, le jour des Rois, alors il s’est appelé Baltasar

Le coup de pied part et le petit ne l’évite pas. Coup de pied dur, dans les côtes. Le petit ne tombe pas mais il se met à pleurer en se tenant le flanc. Toni s’adosse au tronc du tilleul.

– Et d’abord, quand on s’appelle Baltasar, on pleure pas. Ça fait déjà trop pleurer de rire.

Baltasar pleure. Il est né un 6 janvier, le jour des Rois, alors il s’est appelé Baltasar.

Grégoire Polet
Chucho
(Page 18)
Gallimard
Chucho
 

Il sentit son menton trembler un peu et ses yeux se remplis de larmes

Il sentit son menton trembler un peu et ses yeux se remplir de larmes. Il ne voulait pas pleurer. Un jour, il y a longtemps, il s’était fait le serment de ne plus pleurer. Il pleurait beaucoup quand il était petit, par exemple quand il entendait du bruit au milieu de la nuit et croyait qu’un voleur pénétrait dans la maison. Mais c’était des trucs de môme et ça ne comptait pas. Les larmes qui comptaient vraiment, il les avait versées plus tard, à l’école, quand il se tracassait parce qu’il n’avait pas fini ses devoirs, ou quand il ne connaissait pas la réponse à la question que posait l’instituteur, ou même quand il connaissait cette réponse mais qu’il avait peur, qu’il était bien trop effrayé pour lever la main. Mettons les choses au point : il ne pleurait pas pour de bon, mais son menton commençait à trembler, ses yeux se remplissaient de larmes et il devait se raidir pour que ça s’arrête. Et ça ne marchait pas toujours.

Robert Cormier
A la brocante du coeur
A la brocante du coeur

 

 

J’en ai pleuré toute la nuit et ce fut mon premier grand chagrin

Au début, je ne savais pas que Madame Rosa s’occupait de moi seulement pour toucher un mandat à la fin du mois. Quand je l’ai appris, j’avais six ou sept ans et ça m’a fait un coup de savoir que j’étais payé. Je croyais que Madame Rosa m’aimait pour rien et qu’on était quelqu’un l’un pour l’autre. J’en ai pleuré toute la nuit et ce fut mon premier grand chagrin.

Émile Ajar (Romain Gary)
La vie devant soi
Mercure de France
La vie devant soi, Emile Ajar, Romain Gary
 

Lorsqu’on s’occupe des enfants, il faut beaucoup d’anxiété, sans ça ils deviennent des voyous

– Eh bien, vous voyez que ça va déjà mieux, dit le docteur. Il pleure. Il se développe normalement. Vous avez bien fait de venir me voir, Madame Rosa, je vais vous prescrire des tranquillisants. C’est seulement de l’anxiété, chez vous.

– Lorsqu’on s’occupe des enfants, il faut beaucoup d’anxiété, docteur, sans ça ils deviennent des voyous

Émile Ajar (Romain Gary)
La vie devant soi
Mercure de France
La vie devant soi, Emile Ajar, Romain Gary
 

Paris vous donne envie de vous sentir vivant

Ses paroles sont restées en suspens. Je ne savais plus qui me parlait, elle ou la ville. C’est comme ça, Paris. On a beaucoup écrit sur sa beauté, sur ses splendeurs, et ma foi, tout est vrai. Chaque édifice est une petite merveille d’architecture, un régal pour l’œil. Paris est une belle femme qui ne sait belle, qui aime ça et qui n’a pas à se forcer pour le prouver.

Qui plus est, Paris vous donne l’impression de vous sentir – à défaut de terme plus approprié – vivant. Correction, Paris vous donne envie de vous sentir vivant.

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Je pleure, « pour de vrai », à grosses lourdes larmes

J’écris cela et je pleure, »pour de vrai », à grosses lourdes larmes. Je pleure de tout mon cœur et mes pleurs feront pleurer le lecteur car je suis un bon écrivain, un consciencieux, si je veux faire pleurer il faut que d’abord que je me fasse pleurer, moi. Métier de pute, mais oui. Et alors?

François Cavanna
Lune de miel
Gallimard
lune de miel
 

Est-ce qu’on peut vivre sans amour ?

– Monsieur Hamil, est-ce qu’on peut vivre sans amour ?

Il n’a pas répondu. (…) Il m’a regardé et a observé le silence. Il devait penser que j’étais encore interdit aux mineurs et qu’il y avait des choses que je ne devais pas savoir. En ce moment je devais avoir sept ans ou pet être huit, je ne peux pas vous dire juste parce que je n’ai pas été daté, comme vous allez voir quand on se connaitra mieux, si vous trouvez que ça vaut la peine.

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