Les personnages des vitraux semblaient sincèrement affligés

Les obsèques de Valérie Simpson furent déprimantes à souhait. Très bas de gamme.

Le révérend, un homme grassouillet au teint rougeaud, ne la connaissait pas. Il évoqua la courte vie de la défunte comme s’il avait lu son CV. Il se fendit des quelques clichés qui font toujours recette : « Fille aimante, jeune sportive méritante, destin tragique, ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers, blablabla. » Une organiste jouait de la pédale et du tuyau avec ennui. Quelques fleurs déjà flétries ornaient le cercueil, un peu comme les guirlandes qu’on passe autour d’un cheval gagnant après la course. Seuls les personnages des vitraux semblaient sincèrement affligés.

Balle de match
Harlan Coben
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