L’église de Saint-Sorlin sentait Dieu comme une boucherie le cadavre

Lorsqu’elle passait, haletante, le seuils de l’église, elle entrait autant chez Dieu que chez Gabriel. A l’époque de l’ancien prêtre, l’église de Saint-Sorlin sentait Dieu comme une boucherie le cadavre, par des relents fades et écœurants de décomposition ; depuis que Gabriel l’avait investie ce n’étaient qu’odeurs de lis, d’encens, de cire au miel, les vitraux étaient propres, la dalle récurée, les nappes d’autel repassées, bref, on avait l’impression que Dieu et le petit homme s’étaient installés en ménage dans un coquet pavillon.

Eric-Emmanuel Schmitt
L’empoisonneuse
(Page 28)
Editions Albin Michel
Concerto à la mémoire d'un ange
 

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