Ce petit noyau de londoniens qui considèrent le dîner comme un spectacle sportif

Simon consulta sa montre :

– Nous devrions y aller. J’ai réservé dans un restaurant italien… j’espère que ça vous va. J’ai pensé que vous aimeriez quelque chose qui vous change de la cuisine française.

Le restaurant choisi par Simon était fréquenté par ce petit noyau de Londoniens qui considèrent le dîner comme un spectacle sportif. Pendant six mois, peut être un an, ils se battent pour avoir telle ou telle table, cherchent à gagner les bonnes grâces du maître d’hôtel et se font les uns aux autres des grands signes par-dessus les plats qu’ils remarquent à peine. Le restaurant devient formidablement à la mode. Le propriétaire rêve d’une retraite anticipée en Toscane ou à Ischia pendant que les serveurs brandissent leurs poivriers, leur parmesan râpé et leur huile d’olive – « Extra virgine, signorina  » – avec une familiarité croissante. Et puis, tout d’un coup, le noyau s’en va ailleurs pour être remplacé par des couples de provinciaux raisonnables disposés à supporter le bruit et les prix parce qu’ils ont entendu dire que c’était le nouveau temple de la célébrité, orné de de truffes blanches, de tomates séchées au soleil et d’un ou deux membres mineurs de l’aristocratie de médias.

Peter Mayle
Hôtel Pastis
Nil éditions
Hotel Pastis
 

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