Il est né un 6 janvier, le jour des Rois, alors il s’est appelé Baltasar

Le coup de pied part et le petit ne l’évite pas. Coup de pied dur, dans les côtes. Le petit ne tombe pas mais il se met à pleurer en se tenant le flanc. Toni s’adosse au tronc du tilleul.

– Et d’abord, quand on s’appelle Baltasar, on pleure pas. Ça fait déjà trop pleurer de rire.

Baltasar pleure. Il est né un 6 janvier, le jour des Rois, alors il s’est appelé Baltasar.

Grégoire Polet
Chucho
(Page 18)
Gallimard
Chucho
 

Le pigeon. Sa vocation parasitique, son absence d’ambition, son inutilité crasse.

Le pigeon, pourtant.
Le pigeon couard, fourbe, sale, fade, sot, veule, vide, vil, vain.
Jamais émouvant, profondément inaffectif, le pigeon minable et sa voix stupide. Son picotage absurde. Son occiput décérébré qu’agite un navrant va-et-vient. Sa honteuse indécision, sa sexualité désolante. Sa vocation parasitique, son absence d’ambition, son inutilité crasse.

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