Les mères doivent prendre soin d’elles-mêmes

Les femmes consultent beaucoup. Habituées qu’elles sont à être attentives aux petits riens de la vie quotidienne, de leur entourage, soucieuses de rester en bonne santé pour que rien ne déraille autour d’elles, elles traquent le moindre dérapage de leur corps pour faire échec à la maladie, à la mort. Leur bonne santé et le bien-être de leur mari et de leurs enfants, sont une condition de la bonne marche de la famille, leur souci quotidien, notion inculquée, encore aujourd’hui, par trop de mères, qui malgré leur échec personnel, continue de vouloir que se reproduise ce modèle ancestral… Pour cette raison, elles doivent prendre soin d’elles-mêmes.

Anne-Marie Echard-Fournier
L’été en ce jardin
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Cet impôt était dit de « capitation ». On l’appelait aussi « le prix de l’âme ».

Chaque année, il appartenait aux chefs de province (devenus chefs de canton depuis la réforme administrative et la destitution du roi) de collecter, pour le compte de l’administration coloniale, l’impôt levé sur les populations. Il y allait de leur poste. Cet impôt était dit de « capitation », c’est à dire calculé en fonction du nombre de « têtes » à l’intérieur de chaque famille. C’était bien la forme la plus injuste d’imposition puisqu’une famille, qu’elle soit riche ou pauvre, était taxée uniquement en fonction du nombre de ses membres. On l’appelait aussi « le prix de l’âme ». Celui qui était incapable de s’en acquitter ne pouvait vivre en paix : ou bien il était jugé et emprisonnée, ou bien, pour se procurer la somme nécessaire, il était obligé de vendre ou de mettre en gage ses biens s’il en avait, sinon ses propres enfants – coutume qui, hélas, se généralisa à l’époque.

Amadou Hampâté Bâ
Amkoullel, l’enfant Peul
Mémoires
(Page 84)
Éditions BABEL
amkoullel l'enfant Peul