Tu es en train d’interférer avec des affaires de coeur. Or le coeur, c’est comme une zone de guerre.

– Arrête de faire l’andouille. Ce que je dis, c’est qu’on ne doit pas interférer, même avec les meilleures intentions du monde. C’est dangereux et c’est de l’ingérence. Quand tu as eu ton gros problème avec Jessica, tu aurais voulu qu’on s’en mêle tous pour essayer de t’aider ?
Myron le regarda avec des yeux de carpe.
– Tu compares mes déboires sentimentaux avec ta disparition, alors que ta femme est enceinte ?
– Seulement sur un point : c’est insensé et franchement mégalo de croire que tu as ce genre de pouvoir. Ce qui se passe entre Suzze et moi… ce n’est plus ton problème. Il faut que tu respectes ça.
– Maintenant que je te sais sain et sauf, je le respecte.
– Bien. Et à moins que ton frère ou ta belle-sœur n’ait demandé ton aide, tu es en train d’interférer avec des affaires de cœur. Or le cœur, c’est comme une zone de guerre. Comme une intervention en Irak ou en Afghanistan. Tu te vois en héros, en sauveur, mais en réalité tu ne fais qu’aggraver la situation.
Nouveau regard de carpe.
– Tu compares mon inquiétude pour ma belle-sœur à la guerre en Irak ?
– Comme les États-Unis, tu fais de l’ingérence. La vie est pareille à un fleuve. Si tu changes son cours, tu es responsable de la direction qu’il prend.

Harlan Coben
Sous haute tension
(Page 115)
Belfond Noir
Harlan Coben, sous haute tension
 

En envoyant un ordre sans explication, vous allez semer la panique

C’est la contribution obligatoire en vivres et en animaux de boucherie qui souleva, dans certaines régions, le plus de difficultés. A Biandagara, le commandant avait d’abord envisagé de transmettre purement et simplement aux chefs de canton l’ordre d’avoir à livrer telle ou telle quantité de bétail ou d’aliments, à charge pour eux de répercuter cet ordre aux chefs de famille des villages de leur canton. Comme je l’appris plus tard, Wangrin était intervenu. « Mon commandant, avait-il dit en substance, c’est maladroit, ce n’est pas ainsi qu’il faut procéder. En envoyant un ordre sans explication, vous allez semer la panique. De peur de tout perdre, les gens vont fuir de l’autre côté de la frontière, en Gold Coast, en emportant tous leurs biens avec eux. Il peut aussi y avoir des révoltes. Ce qu’il faut, c’est convoquer les responsables, leur expliquer que la France a besoin d’eux et que chacun doit faire des efforts pour nourrir les troupes qui combattent au front, car dans les troupes, il y a des Africains, peut-être des parents. »
Continue reading « En envoyant un ordre sans explication, vous allez semer la panique »

 

Je sens que c’est pas du bon

Là-dessus, on reçoit une lettre avec « République Française » sur l’enveloppe et la tête de Marianne. Maman n’osait pas l’ouvrir. Elle disait : « Je sens que c’est pas du bon. » Et en effet.

C’est moi qui l’ai lue, la lettre. Maman n’osait pas. Papa ne savait pas. « Vous êtes prié de vous présenter à la Préfecture de Police, service des travailleurs étrangers, bureau tant et tant. » Il y avait en plus un coup de tampon tout de travers, à moitié mal tamponné, qui ordonnait : « Muni de votre carte d’identité. »

Continue reading « Je sens que c’est pas du bon »

 

Il n’y a pas d’espoir dans le silence des autres

– Personnellement, je n’ai jamais eu le sentiment que je pouvais écrire un roman sur la guerre.

Son honnêteté intellectuelle embarrassa l’auditoire, tout de même fasciné par la violence et la dramatique de la guerre. Lui, s’était engagé pour l’Erythrée. Rimbaud tout proche.

Continue reading « Il n’y a pas d’espoir dans le silence des autres »