L’ennui faisait partie de la vie, et l’enrichissait en encourageant l’imagination, la créativité

Quelle jouissance de ne rien faire, paresser, se prélasser, flemmarder ou tirer sa flemme – le vocabulaire à l’éloge de la paresse est d’une infinie richesse – ne pas en ficher une rame. Savoureux ! Ou encore, un mot qu’elle affectionnait particulièrement, « s’acagnarder », aux sonorités gasconnes, un rien vulgaire dans les « a », les « gna », qui sonnent gras là-bas, mais tellement imagés… Il est tout acagnardé par la fainéantise, ce gafet !… Pourtant, aucun n’avait autant de charme que l’Italien « fare niente ».
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Le problème de Microsoft, c’est qu’ils n’ont pas de goût, absolument aucun.

Néanmoins, le courroux de Jobs était compréhensible. Apple avait innové, fait preuve d’imagination, avait conçu un produit élégant, intelligent et révolutionnaire. Et même si Microsoft se contenta de sortir de grossières copies, c’est lui qui gagna la guerre des DOS ! Cet épisode montre une faille dans la machinerie de l’univers : ce n’est pas le meilleur ni le plus innovant qui gagne. Ce qui poussa Jobs, dix ans plus tard, à tenir ces propos méprisants : « Le problème de Microsoft, c’est qu’ils n’ont pas de goût, absolument aucun. Je parle au sens le plus général du terme. Ces gens-là sont incapables d’avoir des idées, ils ne cherchent pas à apporter du savoir ou du bonheur à l’humanité avec leurs produits… Alors, oui, la réussite de Microsoft m’attriste. Leur succès ne me pose pas de problème en soi. Ils l’ont plus ou moins mérité, à force d’opiniâtreté. Ce qui me désespère, c’est qu’ils font des produits de troisième zone. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(pages 216 et 217)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

L’imagination est une forme de mémoire

L’amnésie est un mensonge par omission. Le temps est une caméra, le temps fait défiler les photographies. Le seul moyen de savoir ce qui s’est passé entre le 21 septembre 1965 et le 21 septembre 1980, c’est de l’inventer. Il est possible que j’ai cru être amnésique alors que j’étais juste un paresseux sans imagination. Nabokov et Borges disent, à peu de choses près, la même chose : l’imagination est une forme de mémoire. Continue reading « L’imagination est une forme de mémoire »