La chute de la pomme

Jobs était furieux contre Sculley qui, depuis le début des années 7990, était, jugeait-il, le président du déclin Apple. « John est en train de faire couler la société ! Il a apporté trop de gens corrompus, et trop de mauvaises valeurs. Ils ne songent qu’à gagner de l’argent – pour eux-mêmes, en premier lieu – et se contrefichent de faire de bons produits.  Le mercantilisme de Sculley empêchait la pomme de gagner des parts de marché. « Le Macintosh a perdu contre Microsoft parce que John a voulu engranger un maximum de profits au lieu d’améliorer le produit, et de le rendre accessible au plus grand nombre. Après mon départ ma société n’a plus rien inventé. Le Mac a à peine été amélioré. Et Bill Gates s’est engouffré dans la brèche. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Page 342)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

La philosophie marketing d’Apple. Un : L’empathie. Deux : La convergence. Trois : L’incarnation.

Markkula consigna les principes fondateurs sur une page, intitulé « La philosophie marketing d’Apple. » Un : L’empathie, une connexion intime avec les attentes des clients. « Nous devons comprendre leurs besoins mieux que tout autre entreprise. » Deux : La convergence. « Afin que notre travail soit le plus efficace possible, il faut éliminer toute activité d’importance secondaire. »
Le troisième principe, tout aussi fondamental, était nommé, bizarrement : L’incarnation. Il était question de l’opinion que les gens se font d’une société en fonction des signaux qu’elle leur envoie. « Les gens jugent un livre à sa couverture, écrivait-il. Nous pouvons avoir le meilleur produit du marché, la meilleure qualité, le meilleur système d’exploitation, etc., si nous les présentons d’une manière merdique, tout sera perçu comme de la merde. Si nous les présentons d’une façon créative et professionnelle, nous « incarnons » de fait ces qualités. »
Durant le reste de sa carrière, Jobs se souciera, parfois avec excès, de l’image de ses produits, poussant le souci du détail jusqu’au carton d’emballage : « Quand on ouvre la boîte d’un iPhone ou d’un iPad, il faut que cette expérience tactile donne le ton, oriente déjà la façon dont le client va percevoir le produit. C’est Mike qui m’a appris ça. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(pages 104-105)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

La stratégie n’est pas autre chose qu’un programme de travail et un plan de travail pour atteindre tout objectif clairement identifié et ciblé

A vrai dire, nous n’avons fait que développer ce que les universitaires appellent « stratégie » . La stratégie n’est pas autre chose qu’un programme de travail et un plan de travail pour atteindre tout objectif clairement identifié et ciblé. Je prêche toujours cela auprès des jeunes : si vous développez une stratégie pour un système complexe, qu’il s’agisse d’un journal, d’un pays, d’une fabrique de montres ou d’un groupe, la première et la plus importante des priorités doit toujours être le produit et jamais l’organisation, pas un quelconque business plan mais le produit et son environnement. Pour reprendre l’image du gâteau d’anniversaire : le segment de base était constitué par la Swatch, dont nous connaissions toutefois pas encore le succès énorme qui lui serait réservé. Dans le segment de dessus il y avait Tissot. Cette marque était semi-internationale. Dans le segment encore au-dessus il y avait Rado et Longines, et au sommet du gâteau il y avait Omega, seule et un peu isolée.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 98
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch