Le design ludique conférait une impression de simplicité tout en révélant les profondeurs de cette apparente sobriété.

Le design ludique conférait une impression de simplicité tout en révélant les profondeurs de cette apparente sobriété.
La coquille de plastique de l’iMac elle-même recelait une grande complexité. Ive et son équipe avaient travaillé avec des Coréens pour perfectionner le processus de fabrication des boîtiers. Ils s’étaient même rendus dans une usine de dragibus – ces petits bonbons ovales de toutes les couleurs – pour réfléchir au moyen de rendre les couleurs translucides plus alléchantes encore. Un boîtier coûtait plus de soixante dollars l’unité, un prix trois fois supérieur à la normale. D’autres entreprises auraient réalisé des études pour mesurer la pertinence de ces coûts additionnels en matière de ventes. Le P-DG d’Apple n’en réclama aucune.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Page 401)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Le moins est le mieux. Weniger aber besser.

Jony Ive était un fan du designer allemand Dieter Rams, qui travaillait pour Braun. Le credo de Rams : « Le moins est le mieux » – Weniger aber besser. Et Jobs et Ive s’attachaient toujours à simplifier leur projet. Depuis sa première brochure où il était écrit : « La simplicité est la sophistication suprême » , Jobs avait toujours tenté d’extraire la simplicité par la maîtrise de la complexité – non en l’ignorant. « Cela demandait beaucoup de travail de relever tous les défis et de trouver des solutions élégantes. »
En Ive, Jobs trouva son âme sœur, dans sa quête d’une simplicité qui soit en profondeur, et pas seulement une illusion. Ive, dans son bureau, me décrivit cette philosophie :
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Pour Jobs, simplicité du design rimait avec simplicité d’emploi

Pour Jobs, simplicité du design rimait avec simplicité d’emploi. Cette idée, cependant, n’allait pas toujours de soi. Parfois le design d’un produit pouvait être tellement épuré et minimaliste que l’utilisateur était intimidé, et n’osait pas s’en servir. « Nous devons montrer que l’utilisation de nos produits est intuitive et évidente, et ce doit être le message premier de notre design » , expliquait Jobs au parterre de créateurs. Il citait toujours la métaphore du bureau qu’il avait créé pour le Macintosh. « Tout le monde sait, intuitivement, comment s’y retrouver. Sur tous les bureaux de la planète c’est pareil : le document posé au-dessus des autres est le plus important. C’est ainsi qu’on organise les priorités. Si nous utilisons ce genre de métaphores pour nos ordinateurs, c’est parce que le commun des mortels en a déjà fait l’expérience. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 157)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Les instructions étaient : 1) Introduire une pièce. 2) Evitez les Klingons.

L’exemple de Buschnell qui, par la force de sa volonté, imposait ses propres règles, fut une source d’inspiration pour Jobs. De plus, le jeune homme appréciait la simplicité des jeux Atari. Ils étaient livrés sans manuel et devaient être suffisamment accessibles pour qu’un lycéen défoncé ou ivre mort puisse en comprendre les règles. Les seules instructions données avec le Star Trek d’Atari étaient : 1) Introduire une pièce. 2) Évitez les Klingons.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 68)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson