La Provence. Nulle part au monde on ne s’occupe à en faire si peu en y prenant autant de plaisir.

Les autres découvertes de la journée étaient toutes encourageantes : une maison qui deviendrait facilement merveilleuse, un village délicieux et deux des plus belles femmes qu’il eût rencontrées depuis des mois. Et, le plus important peut être, cette sensation au fond de lui qu’il était fait pour la Provence. Un autre des précieux conseils d’Oncle Henry lui revint en mémoire : « Nulle part au monde on ne s’occupe à en faire si peu en y prenant autant de plaisir. Un jour tu comprendras. »
Il régla l’addition et laissa un gros pourboire. Les clients étaient encore nombreux mais Fanny trouva le temps de lui dire bonsoir en l’embrassant sur les deux joues. Il émanait d’elle un parfum à faire rêver n’importe quel jeune homme.
– A bientôt ? s’enquit-elle.
Max hocha la tête en souriant.
– Je pense bien.

Peter Mayle
Le bon cru
Pages 69 et 70
Nil Éditions
un bon cru de Peter Mayle
 

Encore une belle semaine en perspective

Et j’insiste toujours sur le fait que chacun prenne gaiement le travail avec le sourire le lundi en se disant : « Encore une belle semaine en perspective. » Je tiens beaucoup à ce que le climat de travail soit agréable et qu’il règne une bonne atmosphère dans les relations humaines. Un chef qui passe son temps à compter son argent, qui n’a autre chose que son chiffre d’affaires et son bénéfice, qui licencie selon son bon vouloir et en plus livre des armes à on ne sait qui, un tel chef empoissonne littéralement l’ambiance de travail.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 55
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

J’ai eu l’impression qu’elle me regardait bizarremment (2/2)

J’ai  rencontré la beige à la grille d’entrée. J’ai eu l’impression qu’elle me regardait bizarrement, comme si elle avait peur que le Danseur de tango lui décoche de nouveau son sourire dément. Alors je me suis composé un visage tout en lourdeurs et plis, j’ai hoché la tête et passé mon chemin.

Katarina Mazetti
Le mec de la tombe d’à côté (page 46)
Babel
Le mec de la tombe d'a cote

Lire la version vue de la fille (page 43)

 

Impossible de décrire ce sourire là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette

Soudain, elle s’est plaqué la main sur la bouche, l’air effaré et les yeux ronds comme des billes :
– Oh, maman j’ai arrosé le panneau ! Maintenant papi va encore se mettre en pétard !
J’ai senti le coin de ma bouche s’étirer vers le haut et j’ai jeté un oeil vers le Forestier. Et juste à cet instant, il m’a regardée.
Lui aussi souriait. Et…
Impossible de décrire ce sourire là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette.
Dedans, il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d’oiseaux et des reflets sur un lac de montagne. Le Forestier me l’adressait, confiant et fier comme un enfant qui tend un cadeau d’anniversaire dans un paquet malmené. Ma bouche est restée étirée jusqu’aux oreilles. Et un arc de lumière a surgi entre nous, j’en mets ma main à couper encore aujourd’hui – un de ces arcs bleus que mon prof de physique produisait avec une sorte d’appareil. Il s’est écoulé trois heures, ou trois secondes.

Katarina Mazetti
Le mec de la tombe d’à côté
(page 22)
Babel
Le mec de la tombe d'a cote
 

Poli, c’est bien. Aimable c’est mieux

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– Et bien, c’est là que tu te trompes. C’est sourire, qui rend heureux.
– Mon oeil.
– Essaie.
– Mon oeil, je dis.
– Tu es poli pourtant, Momo ?
– Bien obligé, sinon je reçois des baffes.
– Poli, c’est bien. Aimable c’est mieux. Essaie de sourire, tu verras.

Eric-Emmanuel Schmitt
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Albin Michel
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
 

Pourquoi est-ce que tu ne souris jamais Momo ?

Pourquoi est-ce que tu ne souris jamais, Momo ? me demanda monsieur Ibrahim.
Ça, c’était un vrai coup de poing, un coup de vache, je n’étais pas préparé.
– Sourire, c’est un truc de gens riches, monsieur Ibrahim. J’ai pas les moyens.
Justement, pour m’emmerder, il se met à sourire.
– Parce que tu crois que, moi, je suis riche ?
– Vous avez tout le temps des billets dans la caisse. Je connais personne qui a autant de billets devant lui toute la journée.
– Mais les billets, ils me servent à payer la marchandise, et puis le local. Et à la fin du mois, il m’en reste très peu, tu sais.
Et il souriait encore plus, comme pour me narguer.
– M’sieur Ibrahim, quand je dis que c’est un truc de gens riches, le sourire, je veux dire que c’est un truc pour les gens heureux.
– Et bien, c’est là que tu te trompes. C’est sourire, qui rend heureux.

>> lire la suite…

Eric-Emmanuel Schmitt
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
Albin Michel
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
 

Elle l’avait fait taire d’un baiser

La veille, Myron avait choisi de ne pas suivre Duane. Un peu abasourdi, il s’était rendu à l’hôtel de Jessica et avait tenté de s’excuser : « Désolé, j’ai eu un imprévu. Je… » Elle l’avait fait taire d’un baiser. Suivi d’un autre, plus avide. Et d’un troisième, carrément torride. Il avait tenté de résister – sans grande conviction, il faut bien l’avouer. Continue reading « Elle l’avait fait taire d’un baiser »