Il peut mourir de faim à côté d’un mets délicieux sans y toucher

Les mariages étaient conclus dès l’enfance entre cousins et cousines, il était rare qu’un Valentin puisse épouser sa Valentine (cela s’appelait « mettre du miel dans le lait »). Son honneur et sa gloire étaient alors de conduire sa « Dame » vierge jusqu’au jour de son mariage. On disait de lui : « Il peut mourir de faim à côté d’un mets délicieux sans y toucher. » Maître de ses instincts, il était consacré digne de confiance et devenait de droit le meilleur ami des deux époux.
Certes, je ne saurais me porter garant de la vertu de tous les Valentins et Valentines à travers les siècles mais ce dont je suis sûr, c’est que durant toute ma jeunesse, à Biandagara, jamais je n’ai entendu parler d’un seul cas où un Valentin n’aurait pas respecté l’honneur de sa Valentine – et étant donné les coutumes, cela se saurait su !

Amadou Hampâté Bâ
Amkoullel, l’enfant Peul
Mémoires
(Pages 273 et 274)
Éditions BABEL
amkoullel l'enfant Peul

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