Steve avait le don d’arriver toujours à ses fins.

La liaison fut consommée sur l’une des terrasses de l’appartement, avec Sculley plaqué contre le mur car il avait le vertige. Ils parlèrent d’abord argent. « Je lui ai dit qu’il me fallait un million de dollars en salaire, un million en prime à la signature et un million de dédommagement si ça ne marchait pas, » raconte Sculley. Jobs annonça que c’était faisable.
– Même si je dois payer de ma poche… Nous règlerons tous ces détails parce que tu es la personne la plus brillante qu’il m’ait été donné de rencontrer. Je sais que tu es parfait pour Apple et Apple mérite le meilleur.
Il ajouta qu’il n’avait jamais encore travaillé avec quelqu’un qu’il respectait vraiment. Sculley serait son mentor, il avait tant à lui apprendre… Et Jobs le regarda avec ce regard intense dont il avait le secret.
L’ainé tenta une ultime défense : pourquoi ne resteraient-ils pas simplement amis ? Jobs pourrait venir lui demander conseil quand il voudrait… Tout se joua à cet instant. « Steve a baissé la tête et regardé le sol. Après un long silence, il a prononcé une phrase qui m’a hanté pendant des jours : « Tu veux passer le reste de ta vie à vendre de l’eau sucrée ou tu veux changer le monde avec moi ? »  »
Ce fut, pour Sculley, comme un uppercut dans l’estomac. Comment refuser après ça ? « Steve avait le don d’arriver toujours à ses fins. Il savait jauger une personne, frapper précisément là où ça faisait mal… pour la première fois depuis quatre mois, j’ai su que je ne pouvais plus dire non. » Le soleil hivernal commençait à se coucher. Ils quittèrent l’appartement et traversèrent le parc pour rejoindre le Carlyle.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(pages 187 et 188)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

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