Anquetil jouissait de la bienveillance des vents

Anquetil jouissait de la bienveillance des vents, son nez aigu et son visage de fine lame lui ouvraient la route et son corps tout entier se coulait derrière, fendant les mistrals, pénétrant les bises d’hiver et les autans d’été. On le sentait diaphane, presque malade, sûrement fluet, la moitié d’un Van Looy, le tiers d’un Altig. Son profil était de médaille et, à l voir si gracieux, jamais on aurait imaginé que son buste était un baril qui cachait la poudre du plus puissant moteur, que ses jambes et ses reins étaient de latex.

Paul Fournel
Anquetil tout seul
Page 9
Seuil
Anquetil tout seul

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*