Tu es en train d’interférer avec des affaires de coeur. Or le coeur, c’est comme une zone de guerre.

– Arrête de faire l’andouille. Ce que je dis, c’est qu’on ne doit pas interférer, même avec les meilleures intentions du monde. C’est dangereux et c’est de l’ingérence. Quand tu as eu ton gros problème avec Jessica, tu aurais voulu qu’on s’en mêle tous pour essayer de t’aider ?
Myron le regarda avec des yeux de carpe.
– Tu compares mes déboires sentimentaux avec ta disparition, alors que ta femme est enceinte ?
– Seulement sur un point : c’est insensé et franchement mégalo de croire que tu as ce genre de pouvoir. Ce qui se passe entre Suzze et moi… ce n’est plus ton problème. Il faut que tu respectes ça.
– Maintenant que je te sais sain et sauf, je le respecte.
– Bien. Et à moins que ton frère ou ta belle-sœur n’ait demandé ton aide, tu es en train d’interférer avec des affaires de cœur. Or le cœur, c’est comme une zone de guerre. Comme une intervention en Irak ou en Afghanistan. Tu te vois en héros, en sauveur, mais en réalité tu ne fais qu’aggraver la situation.
Nouveau regard de carpe.
– Tu compares mon inquiétude pour ma belle-sœur à la guerre en Irak ?
– Comme les États-Unis, tu fais de l’ingérence. La vie est pareille à un fleuve. Si tu changes son cours, tu es responsable de la direction qu’il prend.

Harlan Coben
Sous haute tension
(Page 115)
Belfond Noir
Harlan Coben, sous haute tension
 

Ton coeur est comme un parachute… Il s’ouvre seulement quand tu tombes.

– Voici mon conseil : soyez sincères l’un envers l’autre. Totalement sincères.
Myron marqua une pause. Comme Lex n’avait manifestement rien à ajouter, il finit par demander :
– C’est tout ?
– Tu t’attendais à quelque chose de plus profond ?
Myron haussa les épaules.
– Un peu, oui.
– Il y a cette chanson que j’adore, fit Lex. Ça dit : « ton cœur est comme un parachute. » Tu sais pourquoi ?
– Il me semble que ça parle de l’esprit qui est comme un parachute… Il fonctionne seulement quand il est ouvert.
– Non, je connais ça. Celle-ci est mieux : « Ton cœur est comme un parachute… Il s’ouvre seulement quand tu tombes. »
Il sourit.
– Pas mal, hein ?
– Pas mal.

Harlan Coben
Sous haute tension
(Page 38)
Belfond Noir
Harlan Coben, sous haute tension
 

Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires.

Alex Haley lui avait dit un jour que le meilleur moyen de commencer un discours était de dire : « Laissez-moi vous raconter une histoire… » Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires. C’est l’approche qu’adopta le P-DG d’Apple: « Aujourd’hui, je vais vous raconter les trois histoires de ma vie. C’est tout. Rien d’autre. Juste trois histoires. »
(…) Ce fut la troisième histoire qui fascina réellement l’auditoire. Continue reading « Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires. »

 

Seul Dieu a le droit de me réveiller

Cher Dieu,
Le petit garçon est mort.
Je serai toujours dame rose mais je ne serai plus jamais Mamie-Rose. Je ne l’étais que pour Oscar.
Il s’est éteint ce matin, pendant la demi-heure où ses parents et moi sommes allés prendre un café. Il a fait ça sans nous. Je pense qu’il a attendu ce moment-là pour nous épargner. Comme s’il voulait nous éviter la violence de le voir disparaître. C’était lui, en fait, qui veillait sur nous. J’ai le coeur gros, j’ai le coeur lourd, Oscar y habite et je ne peux le chasser. Il faut que je garde encore mes larmes pour moi, jusqu’à ce soir, parce que je ne veux pas comparer ma peine à celle, insurmontable, de ses parents.
Merci de m’avoir fait connaître Oscar. Grâce à lui, j’étais drôle, j’inventais des légendes, Continue reading « Seul Dieu a le droit de me réveiller »

 

On ne peut pas rester éternellement amoureux, pas vrai ?

– On ne peut pas rester éternellement amoureux, pas vrai ? La flamme est remplacée petit à petit par l’Amour, non ? Par quelque chose de durable sur lequel on peut miser ? Un Amour qui est une amitié chaleureuse, plus le sexe ? me lamentai-je.
Seigneur, ça m’étonne qu’elle ne m’ait pas vomi dessus ! Des livres de thérapie sur l’Amour, elle en avait aux W-C, des pages à arracher en cas de besoin.
– Dur, hein, de se convaincre soi-même, dit-elle seulement, impassible, en me lorgnant par-dessus un de ses cigarillos. Le principe de Märta était Ecoute ton coeur.
– Orjän, il a tout insistai-je.
– Selon l’Institut de la consommation ? siffla Märta. Best in test, trié sur le volet parmi les hommes de la tranche d’âge 25-30 ans ? Mais est-ce qu’il existe réellement ? Il n’est peut-être qu’un prototype ? Est-ce que tu as vérifié qu’il ne fonctionne pas avec des piles ? Tu sais, si tu entends un petit bourdonnement dans son oreille…

Katarina Mazetti
Le mec de la tombe d’à côté
(page 41)
Babel
Le mec de la tombe d'a cote
 

L’enfant a lui même son désir propre qu’il veut nous manifester

Ce que l’on ne sait pas, c’est que l’enfant a lui même son désir propre qu’il veut nous manifester, et que la seule manière de le reconnaître c’est de parler à sa personne, et de lui laisser un temps de réponse que nous écoutons avec notre cœur, avec notre peur, avec… et puis : « Oui, ben oui, tu as raison. Tu es malheureux, nous ne pouvons pas faire autrement, ta maman est obligée de travailler, moi je suis obligé de dormir, et tu es très, très malheureux, mais nous ne te reprendrons pas dans notre lit, ta mère ne te reprendras pas dans ses bras. Il faut que tu dormes. » Continue reading « L’enfant a lui même son désir propre qu’il veut nous manifester »

 

Quand je serai vieux (1/2)

Il y a des choses, tout au long de ma vie, je me disais : « Je ferai ça quand je serai vieux « , des livres : « Je lirai ça quand je serai vieux. » C’est ainsi que je me suis constitué une liste de choses passionnantes à faire, une bibliothèque de livres à lire, de quoi occuper une bonne douzaine de vieillesses hyperactives dotées d’un appétit de lecture insatiable.

Un jour, ayant décidé d’effectuer je ne sais plus quel menu labeur de maçonnerie amusante et ayant décidé, à mon habitude, de me le garder au chaud pour « quand je serai vieux », mes yeux tombèrent, comme tombent les yeux – je signale que seuls les yeux français « tombent » sur les choses -, sur un miroir qui se trouvait là, bêtement pendu à un clou, comme souvent ils pendent.

Je dois ici, avant d’aller plus loin, signaler une par- particularité qui, je n’en doute pas, doit être l’expression d’un profond trouble psychique, mais je ne vois pas bien lequel. Voici : je ne me regarde jamais dans un miroir. Je n’aime pas ma gueule. Je ne la supporte pas. Je me rase en me forçant à ne regarder que le petit carré de peau strictement de la largeur délimitée par la lame.

Je me voudrais plus… moins… Je ne sais pas, en fait. Quand, par mégarde, mes yeux tombent – encore ! – sur un miroir qui ne devrait pas se trouver là ou sur -le reflet de ma déplaisante personne soudain apparu sur la vitre d’une devanture de boutique réfléchissant le soleil sous un angle insolite, un haut-le-coeur me fait sursauter, je blêmis et, vite, je regarde ailleurs. C’est ce qui m’arriva le jour dont je vous parle. Je me vis.

Continue reading « Quand je serai vieux (1/2) »

 

Miss Parkinson

On fait face. Cette carcasse rechigneuse, on la connaît. Dans les coins. Elle peut toujours nous tourmenter, mais ses procédés ne peuvent plus vous surprendre, même si elle met le paquet et pousse la pression. Cette douleur devenue infernale, mais c’est une vieille connaissance ! Ce cœur qui soudain exagère a toujours asticoté son bonhomme. On s’adapte. On fait le bilan.

Continue reading « Miss Parkinson »