Les mères doivent prendre soin d’elles-mêmes

Les femmes consultent beaucoup. Habituées qu’elles sont à être attentives aux petits riens de la vie quotidienne, de leur entourage, soucieuses de rester en bonne santé pour que rien ne déraille autour d’elles, elles traquent le moindre dérapage de leur corps pour faire échec à la maladie, à la mort. Leur bonne santé et le bien-être de leur mari et de leurs enfants, sont une condition de la bonne marche de la famille, leur souci quotidien, notion inculquée, encore aujourd’hui, par trop de mères, qui malgré leur échec personnel, continue de vouloir que se reproduise ce modèle ancestral… Pour cette raison, elles doivent prendre soin d’elles-mêmes.

Anne-Marie Echard-Fournier
L’été en ce jardin
Page 26
 

Il prend toujours le plus cher quand il est question de choisir, persuadé que c’est un gage de qualité

Sa femme l’a quitté il y a un mois. Avant son départ, dans un dernier élan de générosité, qui lui a probablement laissé un savoureux sentiment de devoir accompli, elle avait rempli le frigo. La femme parfaite dans toute sa splendeur, jusque dans les moindres détails, et que personne n’aille lui reprocher son départ soudain et irréversible.
Mais aujourd’hui, Paul n’a plus le choix. Perdre un kilo par semaine peut-être avantageux dans un premier temps mais s’avérez critique au-delà d’un certain seuil. L’idée de s’asseoir seul à une table de restaurant le décourage au point de lui couper l’appétit. À 51 ans, peut-être est-il temps de savoir évoluer dans un magasin d’alimentation. Il finit par se décider pour la pizza la plus cher. Il ne manquerait plus qu’ils mangent n’importe quoi sous prétexte que sa femme est partie après 30 ans de vie commune.
Il prend toujours le plus cher quand il est question de choisir, persuadé que c’est un gage de qualité.

Agnès Ledig
Juste avant le bonheur
Page 11
Pocket
 

Il n’a que trente cinq ans mais en paraît cinquante

Maigre et affaibli, le SDF porte un manteau sale et élimé. Lorsqu’il croise des passants, ceux-ci pressent le pas et, instinctivement s’écartent.
C’est normal. Il sait qu’il fait peur, qu’il sent la crasse, la pisse et la sueur.
Il n’a que trente cinq ans mais en paraît cinquante. Autrefois, il a eu un travail, une femme, un enfant et une maison. Mais c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, il n’est plus qu’une une ombre errante, un fantôme enveloppé de chiffons qui marmonne des propos incohérents.
Il tient difficilement debout, se traîne plus qu’il ne marche, vacille.

Guillaume Musso
Parce que je t’aime
Page 11
Pocket
Parce que je t'aime
 

Ils ne m’ont pas attribué de sexe

A l’heure du déjeuner, Scott Forstall et Phil Schiller entrèrent dans la salle pour montrer les maquettes de produits qu’Apple avait en développement. Jobs les mitrailla de questions, leur rappelant les fonctionnalités que les réseaux de mobile de quatrième génération devaient offrir, ainsi que les caractéristiques que devaient posséder les futurs téléphones portables. A un moment, Forstall fit l démo d’une application de reconnaissance vocale. Comme c’était à craindre, Jobs s’empara du téléphone au beau milieu de la démo et tenta de le prendre en défaut. « Quel temps fait-il à Palo Alto ? » L’application répondit sans faillir. Après quelques questions plus ou moins pièges, Jobs sortit la grosse artillerie pour coincer le programme : « Êtes-vous une femme ou un homme ? » Incroyable mais vrai, le programme répondit de sa voix de synthèse : « Ils ne m’ont pas attribué de sexe. » Cet épisode égaya l’atmosphère.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Page 626)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

La Provence. Nulle part au monde on ne s’occupe à en faire si peu en y prenant autant de plaisir.

Les autres découvertes de la journée étaient toutes encourageantes : une maison qui deviendrait facilement merveilleuse, un village délicieux et deux des plus belles femmes qu’il eût rencontrées depuis des mois. Et, le plus important peut être, cette sensation au fond de lui qu’il était fait pour la Provence. Un autre des précieux conseils d’Oncle Henry lui revint en mémoire : « Nulle part au monde on ne s’occupe à en faire si peu en y prenant autant de plaisir. Un jour tu comprendras. »
Il régla l’addition et laissa un gros pourboire. Les clients étaient encore nombreux mais Fanny trouva le temps de lui dire bonsoir en l’embrassant sur les deux joues. Il émanait d’elle un parfum à faire rêver n’importe quel jeune homme.
– A bientôt ? s’enquit-elle.
Max hocha la tête en souriant.
– Je pense bien.

Peter Mayle
Le bon cru
Pages 69 et 70
Nil Éditions
un bon cru de Peter Mayle
 

La seule fille que je connaisse capable de jouer au tennis en talons hauts.

Le brouhaha émanant de la foule entassée dans cet établissement à la mode déferla sur lui comme une lame de fond. Le plafond bas et les murs nus à l’acoustique impitoyable faisant office d’amplificateurs respectaient le principe bien établi selon lequel le ton élevé de décibels est nécessaire pour savourer un repas. Bref, le genre d’établissement où le jeune homme romantique est obligé de hurler pour glisser de petits riens à l’oreille de sa dulcinée. Mais de toute évidence cela faisait partie de l’attrait du restaurant car toutes les tables semblaient occupées.
Une jeune et sinueuse créature, moulée dans une sorte de Cellophane noire, s’approcha de Max en roulant de la croupe.
– Avez-vous une réservation pour ce soir ? s’enquit-elle en battant des paupières.
– Je suis censé retrouver Mr. Willis.
– Oh, Charlie. Bien sûr. Suivez-moi s’il vous plait.
– Jusqu’au bout du monde, acquiesça Max.
La jeune femme gloussa et lui montra le chemin avec la démarche ondulante que seuls les mannequins parviennent à pratiquer sans se déboîter une hanche.
Charlie est installé à une table d’angle, un seau à glace posé en face de lui. Il sourit largement en apercevant Max.
– Je vois que tu as fait la connaissance de l’adorable Monica. C’est quelque chose, hein ? La seule fille que je connaisse capable de jouer au tennis en talons hauts.

Peter Mayle
Le bon cru
Page 28
Nil Éditions
un bon cru de Peter Mayle
 

On ne nait pas femme, on le devient.

On ne nait pas femme, on le devient. C’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castra qu’on qualifie de féminin.

Simone de Beauvoir
Debout les morts !
Interview par Stéphanie Fromentin
France Inter
24 mars 2012
 

Elle était une de ces femmes qui ne savent plus quoi faire quand elles sont si belles

Genia était d’un beauté dont on disait autrefois qu’elle fait des ravages, une expression un peu passée de mode aujourd’hui, sans doute en raison de l’inflation dans les ravages que le monde a connu depuis. Très mince, mais de cette minceur qui fait un détour respectueux aux hanches et à la poitrine, elle était une de ces femmes qui ne savent plus quoi faire quand elles sont si belles.

Romain Gary
Les cerfs-volants
(Page 41)
Gallimard
les cerfs volants
 

L’intelligence de cette femme qui n’avait même pas l’air de l’être la rendait diabolique

Ses interventions s’étaient révélées coupantes, péremptoires : elle avait traité certains d’imbéciles, de crétins, de narcisses, puis avait déchiqueté leurs témoignages ; dans ces cas-là, elle se montrait d’autant plus formidable qu’elle visait juste. Il était difficile de réhabiliter ensuite ceux qu’elle avait déchirés, rien ne repoussait sur des terres qu’elle avait brûlées. L’intelligence de cette femme qui n’avait même pas l’air de l’être la rendait diabolique. Quelle que soit l’attitude qu’elle adoptât, elle troublait.

Eric-Emmanuel Schmitt
L’empoisonneuse
(Page 18)
Editions Albin Michel
Concerto à la mémoire d'un ange
 
 

Marie Maurestier, même jeune, n’avait jamais eu l’air jeune, présentant un corps flétri, ménopausé avant la ménopause

Or Marie Maurestier, même jeune, n’avait jamais eu l’air jeune, présentant un corps flétri, ménopausé avant la ménopause ; ce grand cheval à la mise sévère, au visage fermé, s’affublait de chemisiers à cols montants, de lunettes envahissantes, de chaussures plus robustes que glamoureuses. Celle que les échotiers décrivaient comme une mangeuse d’hommes avait l’apparence d’une femme sans désirs ni sexualité.

Eric-Emmanuel Schmitt
L’empoisonneuse
(Pages 16-17)
Editions Albin Michel
Concerto à la mémoire d'un ange