Tu sais ce qu’il leur dit, Cambronne, aux Anglais ?

– On a eu du soleil tous les jours.

– Et des huîtres !… On a mangé des huîtres.

– C’est grâce à Blum, dit le chauffeur.

– … et à Thorez, rectifia le mécanicien.

Sous sa casquette blanche, le chef de gare souffla dans son sifflet.

Le train démarra.

Avec Piston qui libéra sa colère en même temps que la vapeur de compression :

– Ah ! Tu peux le mettre en avant, ton Blum ! Il l’assassine, le Front populaire ! On a Hitler sur le flanc droit, Mussolini plus bas et bientôt on aura Franco dans les fesses ! Tout ça parce que monsieur Blum, le républicain du Front populaire français, ne veut pas fournir d’armes aux républicains du Front populaire espagnol !… Un traître, Blum ! Un vendu !

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Il m’a fallu la dompter comme le cow-boy son mustang. Mais je l’ai eue, la salope.

Ne plus écrire… On me dit : « L’ordinateur. Traitement de texte. Tu tapes, tu mets ton texte en page, un velours. » Je n’ai jamais approché d’une simple machine à écrire. Il y a des réflexes à acquérir, ou alors d’un doigt, comme les gendarmes ? J’ai essayé. ragé. J’allais quand même plus vite – mais en bavant – avec ma patte folle. On me dit « Dicte. » Ça ne marche pas, pas avec moi. Besoin des doigts, de raturer, de surcharger, de me battre avec le papier, avec l’idée, au rythme de mon exaltation. J’écris avec tout mon corps, tête, ventre, pieds et cul compris. Une locomotive. Une fois lancé…

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