De faire croire qu’on est mort, c’est pas simple à vivre.

De faire croire qu’on est mort, c’est pas simple à vivre.
Ça à l’air marrant comme ça, vu de l’extérieur… mais en fait, c’est lourd à porter. Tous les jours, depuis dix ans, c’est la première chose à laquelle elle pense en se réveillant le matin. Et tous les soirs, la dernière. C’est lourd.

Barbara Constantine
Allumer le chat
(Pages 183 et 184)
calmann-lévy
Allumer le chat de Barbara Constantine
 

Je sais bien que ça va venir un jour, mais plus tard, c’est mieux…

Mon père est mort.
Il a eu un accident.
Youka aussi, elle est morte.
C’est normal de mourir, quand on est trop vieux. Raymond et Mine, ils ne sont pas encore trop vieux.
Juste un petit peu… Ils disent qu’ils ont encore le temps.
Mais peut être qu’ils disent ça pour que j’ai pas peur…
J’aimerai pas qu’ils meurent déjà.
Je sais bien que ça va venir un jour, mais plus tard, c’est mieux…

Barbara Constantine
Allumer le chat
(Page 125)
calmann-lévy
Allumer le chat de Barbara Constantine
 

Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires.

Alex Haley lui avait dit un jour que le meilleur moyen de commencer un discours était de dire : « Laissez-moi vous raconter une histoire… » Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires. C’est l’approche qu’adopta le P-DG d’Apple: « Aujourd’hui, je vais vous raconter les trois histoires de ma vie. C’est tout. Rien d’autre. Juste trois histoires. »
(…) Ce fut la troisième histoire qui fascina réellement l’auditoire. Continue reading « Personne n’aime les conférences, en revanche, les gens adorent les histoires. »

 

La science s’occupe du comment, elle ne s’occupe pas du pourquoi.

– Est-ce que vous savez pourquoi nous vivons ?
– Il est très difficile d’éviter le pourquoi. Le pourquoi nous vient à la gorge à chaque instant mais le scientifique doit le repousser. La science s’occupe du comment, elle ne s’occupe pas du pourquoi.

Jean Rostand
Debout les morts !
Interview par Stéphanie Fromentin
France Inter
31 mars 2012
 

La vie est un drame qu’il faut vivre avec sérénité.

Mon père restait imperturbable.
– Mais enfin, Tidjani, s’étonna le commandant, dis-moi pourquoi ni mauvaise nouvelle ni bonne nouvelle n’ont de prise sur toi.
– Mon commandant, on ne peut m’annoncer une nouvelle plus grave que celle que le destin m’a assignée le jour de ma naissance en me disant : « Tu es entré dans une existence dont tu ne sortiras pas vivant, quoi que tu fasses. », et nulle force humaine ne pourra jamais me loger plus étroitement sur cette terre que je ne le serai dans ma propre tombe. C’est pourquoi aucune mauvaise nouvelle ne peut réellement m’assombrir. J’ai appris à voir venir la mort avec le même calme que je vois tomber la nuit quand le jour décline. A chaque réveil, je me considère comme un condamné en sursis. Mais je ne suis pas pessimiste pour autant, mon commandant, et je ne serai nullement surpris si, un jour, je redevenais le grand chef que j’ai été. La vie est un drame qu’il faut vivre avec sérénité.

Amadou Hampâté Bâ
Amkoullel, l’enfant Peul
Mémoires
(Page 181)
Éditions BABEL
amkoullel l'enfant Peul
 

Je comprends qu’on meure d’amour, parce que parfois, c’est tellement fort, que la vie n’arrive pas à tenir le coup, elle craque

– Je ne veux pas que tu sois malade, je n’aime pas la maladie, j’espère que tu ne prendras pas ces habitudes-là. Tu peux te permettre un petit rhume, de temps en temps, mais pas plus. Il y a suffisamment de gens malades sans toi. Il y en a même qui meurent, et pas du tout d’amour, mais à cause de je ne sais quelle affreuse saleté. Je comprends qu’on meure d’amour, parce que parfois, c’est tellement fort, que la vie n’arrive pas à tenir le coup, elle craque. Tu verras, je te donnerai des livres où ça arrive.

Romain Gary
Les cerfs-volants
(Page 50)
Gallimard
les cerfs volants
 

Tu sais, dit Laviolette doucement, un mort, deux morts, trois morts, c’est déjà pas mal grave…

– Ah tu sais ! reprit Chalgrin en se levant et en faisant quelques pas dans son vaste cabinet. Tu sais… J’ai hésité ! J’ai pinaillé avec ma conscience des nuits entières. Mais maintenant, tu comprends ! Quatre morts ! C’est trop grave ! Alors comme je détiens un renseignement susceptible de contribuer à la poursuite de la vérité…
Il se rassit, avala discrètement trois cachous.
– Tu sais, dit Laviolette doucement, un mort, deux morts, trois morts, c’est déjà pas mal grave…

Pierre Magnan
Le tombeau d’Helios
Fayard
Le tombeau d'Helios
 

J’ai eu l’impression qu’elle me regardait bizaremment (1/2)

Je l’ai croisé à la grille d’entrée en partant. Il portait de menues branches de sapin, une petite couronne funéraire avec des arums en plastique et une lanterne de la Toussaint. Mais oui, c’était le jour des Morts ! Il m’adressa un hochement de la tête avec l’austérité d’un instituteur comme s’il pensait : « et, alors, jeune fille ? Où elle est, ta lanterne ? »

Katarina Mazetti
Le mec de la tombe d’à côté
(page 43)
Babel
Le mec de la tombe d'a cote

Lire la version vue du « Mec » (page 46)