Je ne travaille pas… je m’amuse huit à quatorze heures par jour !

« Je ne travaille pas… je m’amuse huit à quatorze heures par jour ! » telle est la réponse qui fuse lorsqu’on demande à Nicolas G. Hayek (soixante-dix-sept ans en 2005) combien de temps il consacre à son travail.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedmann Bartu
Page 11, première phrase du livre
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Chacun est et reste jusqu’à un certain point l’artisan de son propre bonheur

Lorsque j’étais enfant, je croyais en Dieu et puis vers seize ou dix-sept ans j’ai soudain eu des doutes. Plus tard, au cours de mes études, je me suis rendu compte que la physique arrive à ses limites avec l’origine de la matière, le quark, qu’elle ne peut expliquer. A ce moment là, on commence à nouveau à songer à Dieu. Lorsque nous estimons qu’il faut venir en aide aux pauvres et aux faibles du monde, c’est sûrement juste. Mais les pauvres et les faibles doivent aussi apprendre à faire quelque chose par eux-mêmes, à prendre leur destin en main. Chacun est et reste jusqu’à un certain point l’artisan de son propre bonheur.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 213
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Si la critique est associée à une proposition constructive d’amélioration, je suis alors sincèrement reconnaissant

D’abord, qui accepte volontiers la critique ? Vous ? Votre rédacteur en chef ? Tony Blair ? La Pape ? Tout le monde réagit assez vertement face à une critique injustifiée. Je ne suis en ce sens qu’un homme ordinaire avec du bon sens. Si la critique est associée à une proposition constructive d’amélioration, je suis alors sincèrement reconnaissant. Mais si la critique se veut une arme, si elle est subjective, personnelle, blessante ou même préjudiciable à la réputation, alors je réagis comme un bête sauvage.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 162
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

On peut donner un ordre à un soldat. Mais on ne peut donner l’ordre à un consommateur d’acheter

Je n’ai jamais exigé de mes collaborateurs : « Vous faites maintenant comme je vous l’ai dit, que vous le vouliez ou non ! » J’ai toujours précisé qu’il y a une grande différence entre le militaire et le management. En raison de l’existence en Suisse de très bonnes écoles de commandement militaire, on a longtemps cru, dans de nombreuses entreprises financières et industrielles, qu’un bon officier ferait automatiquement un bon dirigeant. Mais ce n’est pas comme cela. On peut donner un ordre à un soldat : de marcher des centaines de kilomètres, qu’il soit d’accord ou non. S’il fait obstruction, c’est le cachot assuré. Mais on ne peut donner l’ordre à un consommateur d’acheter une montre ou un autre produit. Lorsque j’ai dit cela il y a bientôt trente ans, cela a fait un tollé en Suisse.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 153
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Sur ma pierre tombale : « Il était juste, ou en tout cas il a toujours essayé de l’être »

On donne presque toujours raison au plus fort. C’est bien sûr aussi valable pour Nicolas G. hayek et c’est la raison pour laquelle je m’efforce d’être toujours juste. J’ai d’ailleurs souvent dit à mes collaborateurs que la plus belle inscription que je puisse imaginer sur ma pierre tombale serait : « Il était juste, ou en tout cas il a toujours essayé de l’être. »

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 152
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

La stratégie n’est pas autre chose qu’un programme de travail et un plan de travail pour atteindre tout objectif clairement identifié et ciblé

A vrai dire, nous n’avons fait que développer ce que les universitaires appellent « stratégie » . La stratégie n’est pas autre chose qu’un programme de travail et un plan de travail pour atteindre tout objectif clairement identifié et ciblé. Je prêche toujours cela auprès des jeunes : si vous développez une stratégie pour un système complexe, qu’il s’agisse d’un journal, d’un pays, d’une fabrique de montres ou d’un groupe, la première et la plus importante des priorités doit toujours être le produit et jamais l’organisation, pas un quelconque business plan mais le produit et son environnement. Pour reprendre l’image du gâteau d’anniversaire : le segment de base était constitué par la Swatch, dont nous connaissions toutefois pas encore le succès énorme qui lui serait réservé. Dans le segment de dessus il y avait Tissot. Cette marque était semi-internationale. Dans le segment encore au-dessus il y avait Rado et Longines, et au sommet du gâteau il y avait Omega, seule et un peu isolée.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 98
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Swatch – Suisse – 60 D.M.

Nous sommes arrivés à convaincre la banque de notre projet un peu fou de suspendre sur la façade d’un building une montre Swatch en plastique de 140 mètres de haut et qui, il va sans dire, fonctionnerait parfaitement. Et c’est ce que nous avons fait. Avec une simple inscription : « Swatch – Suisse – 60 D.M. » Notre message était très clair. Souvenez-vous. Premièrement, excellente qualité – ce que garantissait le « made in Switzerland » ; deuxièment, prix attractif – 60 D.M. por une montre suisse, ce n’est vraiment pas cher ; troisièmement, provocation – ce qu’incarnait parfaitement cette montre en plastique accrochée sur un bâtiment énorme et très onéreux en acier, béton et verre, décoré de marbre et d’or. Outre la provocation, notre communication exprimait aussi la joie de vivre.

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Il y avait beaucoup trop d’échelons hiérarchiques, parfois jusqu’à neuf niveaux de responsabilité. A la fin on ne sait plus qui est responsable de quoi.

Je suis de toute manière depuis toujours, un farouche opposant des structures mal équilibrées. Chez ASUAG, l’organisation était proprement suicidaire. Il y avait beaucoup trop d’échelons hiérarchiques, parfois jusqu’à neuf niveaux de responsabilité. A la fin on ne sait plus qui est responsable de quoi. Il n’y avait également pas de doctrine et très souvent on ne savait pas vraiment qui était le chef, qui dirigeait et qui avait le dernier mot. La direction générale s’occupait aussi très peu des questions stratégiques. Tous étaient beaucoup trop affairés à se mêler du détail du quotidien opérationnel.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 80
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Encore une belle semaine en perspective

Et j’insiste toujours sur le fait que chacun prenne gaiement le travail avec le sourire le lundi en se disant : « Encore une belle semaine en perspective. » Je tiens beaucoup à ce que le climat de travail soit agréable et qu’il règne une bonne atmosphère dans les relations humaines. Un chef qui passe son temps à compter son argent, qui n’a autre chose que son chiffre d’affaires et son bénéfice, qui licencie selon son bon vouloir et en plus livre des armes à on ne sait qui, un tel chef empoissonne littéralement l’ambiance de travail.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 55
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch