Il ne reste rien. Le temps les a emportés.

Dans ces temps-là, Ménilmontant et Belleville étaient des quartiers de fête. On allait y écouter de la musique, on sortait voir des films, s’installer sur les terrasses. Il y avait toujours du monde dehors.
Les gens qui vivaient ici exerçaient de petits métiers. alors, c’étaient les arts populaires qui marchaient le mieux. Là où il ne fallait pas dépenser des sommes immenses pour passer les après-midi et où l’on pouvait emmener les femmes s’amuser sans se ruiner et se chausser pour quelques pièces.
Mais j’étais trop jeune pour çà. Aujourd’hui, tout a disparu. Du Cocorico, du Ménil Palace, des Cinématographes parisiens, du Belleville-Pathé ou de nombreuses salles qui peuplaient le quartier, il ne reste rien. Le temps les a emportés.

Rachel Jedinak
Nous étions seulement des enfants
Pages 26 et 27
Fayard
Rachel Jedinak
 

C’était comme traire une souris, autrement dit, faire sortir quelque chose de là où il n’y a rien.

– Vous avez raison, acquiesça Max. La zone floue est maintenant quasi inextricable, d’une complexité qu’il n’avait pas imaginée. Il faudra faire de nombreuses recherches en France, pousser sans doute en Californie pour y consulter les autorités, remuer ciel et terre, etc. Des mois d’enquête qu’il envisageait avec beaucoup d’entrain.
Max n’avait pas terminé que Christie secouait déjà lentement la tête d’un côté à l’autre.
– Pourquoi ne suis-je pas surprise ? expliqua-t-elle. Parce que j’ai vécu avec un avocat, souvenez-vous. Mon ex disait, quand il avait bu une bière de trop, que c’était comme traire une souris, autrement dit, faire sortir quelque chose de là où il n’y a rien. Ils font tous ça. (L’air dédaigneux, elle chercha ses cigarettes.)
– Calvados ?

Peter Mayle
Le bon cru
Page 198
Nil Éditions
un bon cru de Peter Mayle
 

Un, ce gars était incroyablement futé. Deux, je ne comprenais rien à ce qu’il me racontait.

Quand, de guerre lasse, Burge accepta defair un saut au garage de Jobs, il se dit : « Encore un dingue. Je passe deux minutes pour avoir la paix et je m’en vais. » Mais quand il se retrouva face à Jobs, hirsute et crasseux, deux détails le saisirent : « Un, ce gars était incroyablement futé. Deux, je ne comprenais rien à ce qu’il me racontait. »

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 106)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Une sorte de merveilleuse absence de tout

Il rit. Elle adorait les petites rides qui se formaient autour de ses yeux, lorsqu’il riait. On disait évidemment qu’elle était amoureuse de son père. et qu’il était amoureux de sa fille. Cela faisait partie du bagage intellectuel du con moyen. Mais c’était beaucoup plus grave que ça. elle l’aimait comme on aime son enfant.

 » Tu sais, je regrette parfois que tu sois comme tu es. »

Il prît un air scandalisé.

« Jess !

– Oui, je regrette que tu ne sois pas un salaud. Nous aurions pu être si tranquilles. Et ma mère ne t’aurait pas quitté.

– Peut-être parviendrai-je un jour. Moi aussi, j’ai mes rêves de grandeur.

– Où en es-tu ?

– En plaine forme. Parfois je me réveille au milieu de la nuit, et je ne sens rien. Absolument rien. Un vrai triomphe. Une sorte de merveilleuse absence de tout. Bref, je peux dire que moi aussi, j’ai connu le bonheur. Ou bien, m’asseoir au bord du lac par une belle nuit sans lune, et n’éprouver rien. Oui, je crois que je suis guéri.

Adieu Gary Cooper
Romain Gary
Gallimard
 

Ce qu’on fait de mieux dans le genre rien, et personne

Les Espagnols étaient incapables de respirer à cette altitude, et même la foi chrétienne ne se risquait pas si haut. Cinq mille cinq cents mètres au départ, vingt-cinq jours de descente, un sacré tracé, ce qu’on fait de mieux dans le genre rien, et personne. Continue reading « Ce qu’on fait de mieux dans le genre rien, et personne »