Il n’a que trente cinq ans mais en paraît cinquante

Maigre et affaibli, le SDF porte un manteau sale et élimé. Lorsqu’il croise des passants, ceux-ci pressent le pas et, instinctivement s’écartent.
C’est normal. Il sait qu’il fait peur, qu’il sent la crasse, la pisse et la sueur.
Il n’a que trente cinq ans mais en paraît cinquante. Autrefois, il a eu un travail, une femme, un enfant et une maison. Mais c’était il y a longtemps. Aujourd’hui, il n’est plus qu’une une ombre errante, un fantôme enveloppé de chiffons qui marmonne des propos incohérents.
Il tient difficilement debout, se traîne plus qu’il ne marche, vacille.

Guillaume Musso
Parce que je t’aime
Page 11
Pocket
Parce que je t'aime
 

Jobs a conçu un ordinateur si puissant qu’un enfant illettré de six ans peut le manipuler sans aucune indication

Jobs fut ému par une histoire que lui relata Michael Noer, de Forbes.com. Noer lisait un roman de science-fiction sur son iPad pendant son séjour dans une laiterie, au cœur de la région rurale au Nord de Bogota, en Colombie, quand un gamin pauvre âgé de six ans chargé de nettoyer les étables s’approcha de lui. Curieux, l’homme lui tendit la tablette. Le garçon, qui n’avait jamais vu d’ordinateur, l’utilisa intuitivement. Il se mit à balayer l’écran, lancer des applications, et même jouer à un jeu. « Jobs a conçu un ordinateur si puissant qu’un enfant illettré de six ans peut le manipuler sans aucune indication, écrivit Noer. Si ce n’est pas de la magie, ça ?! »
En moins d’un mois, Apple vendit un million d’iPad. Deux fois plus que l’iPhone au moment de sa sortie. En mars 2011, neuf mois après son lancement, quinze millions d’unités s’étaient écoulées. Finalement, ce fut le lancement d’un bien de consommation le plus réussi de l’histoire.

Walter Isaacson
Steve Jobs
(Pages 562 et 563)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Cet impôt était dit de « capitation ». On l’appelait aussi « le prix de l’âme ».

Chaque année, il appartenait aux chefs de province (devenus chefs de canton depuis la réforme administrative et la destitution du roi) de collecter, pour le compte de l’administration coloniale, l’impôt levé sur les populations. Il y allait de leur poste. Cet impôt était dit de « capitation », c’est à dire calculé en fonction du nombre de « têtes » à l’intérieur de chaque famille. C’était bien la forme la plus injuste d’imposition puisqu’une famille, qu’elle soit riche ou pauvre, était taxée uniquement en fonction du nombre de ses membres. On l’appelait aussi « le prix de l’âme ». Celui qui était incapable de s’en acquitter ne pouvait vivre en paix : ou bien il était jugé et emprisonnée, ou bien, pour se procurer la somme nécessaire, il était obligé de vendre ou de mettre en gage ses biens s’il en avait, sinon ses propres enfants – coutume qui, hélas, se généralisa à l’époque.

Amadou Hampâté Bâ
Amkoullel, l’enfant Peul
Mémoires
(Page 84)
Éditions BABEL
amkoullel l'enfant Peul
 

Chacun est et reste jusqu’à un certain point l’artisan de son propre bonheur

Lorsque j’étais enfant, je croyais en Dieu et puis vers seize ou dix-sept ans j’ai soudain eu des doutes. Plus tard, au cours de mes études, je me suis rendu compte que la physique arrive à ses limites avec l’origine de la matière, le quark, qu’elle ne peut expliquer. A ce moment là, on commence à nouveau à songer à Dieu. Lorsque nous estimons qu’il faut venir en aide aux pauvres et aux faibles du monde, c’est sûrement juste. Mais les pauvres et les faibles doivent aussi apprendre à faire quelque chose par eux-mêmes, à prendre leur destin en main. Chacun est et reste jusqu’à un certain point l’artisan de son propre bonheur.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 213
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Ils ont apparemment été impressionnés par son zèle maniaque

Alors que le petit Nils s’est jeté dans la pagaille rempli de coussins avec un hurlement de bonheur, Arvid est resté près du mur à regarder passivement les autres enfants jouer.

J’ai été jusqu’à imaginer qu’il avait déjà adopté la philosophie moraliste de Benny. C’est quoi ces balivernes et ces futilités ? N’y-a-t-il personne pour travailler ici ?

Quand ils lui ont proposé de tisser des petits bouts de tapis, il s’est calmé. Ensuite ils n’ont pas pu l’arrêter, il tissait les tapis à la chaîne comme un pauvre enfant esclave en Asie. les autres mômes le regardaient avec de grands yeux, ensuite ils ont apparemment été impressionnés par son zèle maniaque et ont voulu tisser, eux aussi. A la fin, toute la crèche s’était transformée en usine à tapis, le personnel n’arrivait plus à faire sortir les mômes au bac à sable, tout le monde craignait une visite de l’inspecteur du travail…

Katarina Mazetti
Le caveau de famille
(page 173)
Gaïa éditions
Le caveau de famille

 

 

Il n’y a rien de plus stressant qu’être parents d’enfants en bas âge

Bref : il n’y a rien de plus stressant qu’être parents d’enfants en bas âge. Si, peut-être travailler dans la tour de contrôle d’un aéroport international. Avec du brouillard et l’espace aérien rempli de jumbo-jets. Mais même les aiguilleurs du ciel rentrent chez eux prendre du repos pendant quelques heures.

On ne sait pas cela quand on décide d’avoir des enfants, et tant mieux. Parce qu’on ne sait pas non plus qu’on est tous capables d’un tel amour inouï, on n’y est pas préparé. Subitement grâce à eux, la vie prend toutes ses dimensions.

Katarina Mazetti
Le caveau de famille
(page 164)
Gaïa éditions
Le caveau de famille

 

 

L’enfant a lui même son désir propre qu’il veut nous manifester

Ce que l’on ne sait pas, c’est que l’enfant a lui même son désir propre qu’il veut nous manifester, et que la seule manière de le reconnaître c’est de parler à sa personne, et de lui laisser un temps de réponse que nous écoutons avec notre cœur, avec notre peur, avec… et puis : « Oui, ben oui, tu as raison. Tu es malheureux, nous ne pouvons pas faire autrement, ta maman est obligée de travailler, moi je suis obligé de dormir, et tu es très, très malheureux, mais nous ne te reprendrons pas dans notre lit, ta mère ne te reprendras pas dans ses bras. Il faut que tu dormes. » Continue reading « L’enfant a lui même son désir propre qu’il veut nous manifester »

 

Ils paraissaient si vieux, tout à coup. C’est souvent comme ça, non ?

Ils paraissaient si vieux, tout à coup. C’est souvent comme ça, non ? Quand on n’a pas vu un enfant depuis un bout de temps, on s’étonne de découvrir combien il a grandi. Quand on n’a pas vu une personne âgée depuis un bout de temps, on s’étonne de découvrir combien elle a vieilli. A quel moment mes parents si dynamiques avaient-ils franchi la ligne ? Maman avait la tremblote, son Parkinson s’aggravait. Son esprit, déjà un brin excentrique à la base, voguait à la dérive. Papa se portait relativement bien, malgré quelques petits soucis cardiaques, mais nom de Dieu ce qu’ils avaient l’air vieux !

Harlan Coben
Sans laisser d’adresse
Thriller
Pocket
harlan coben
 

Chez lui, sport rimait avec effort

Le deuxième quart-temps venait de commencer. C’était un match entre élèves de CM2. Mon amie – c’est plat comme appellation, mais je doute que « bien-aimée », « personne référente », ou « poupée d’amour » conviennent davantage -, mon amie donc, Ali Wilder, avait deux enfants, dont le plus jeune, Jack, jouait ce jour là. Il n’était pas très doué. Cela n’est pas un jugement ni un pronostic concernant les succès futurs – Michael Jordan a intégré l’équipe de son lycée quand il était en première -, mais une simple observation. Jack était grand pour son âge, grand et costaud, ce qui signifie souvent manque de rapidité et de coordination. Chez lui, sport rimait avec effort.

Harlan Coben
Sans laisser d’adresse
Thriller
Pocket
harlan coben
 

Et ce type, là, ce vieux, c’est mon fils?

Il est une source de tristesse plus vacharde encore que la découverte de son premier cheveu blanc. C’est voir blanchir la tête de ses enfants. Si détaché soit-on, on ressent cela comme une violation des lois naturelles. Ce petit bout d’homme qui me cavalait dans les jambes, voilà qu’il me rejoint au club, au club maudit des voyageurs en attente du dernier train ? On se souvient alors de la désinvolture bien imitée avec laquelle on a soi même accueilli le premier fil blanc, c’est pas dur, c’était hier, merde, mais oui, hier, ou le jour d’avant, peut-être, mais pas plus loin ! Je n’ai rien vu, tout m’a filé entre les doigts, et voilà, je ne me suis jamais senti vieux, c’est pour bientôt, d’accord, mais pas pour aujourd’hui !

François Cavanna
Lune de miel
Page 225
Gallimard
lune de miel