Il était temps qu’il sache ce que faisait son père

Heureusement, Tim Cook réussit à le sortir de sa léthargie. Il cita une personne qui avait dit qu’Apple devenait le nouveau Microsoft, à savoir arrogant et suffisant. Le lendemain, Jobs changea entièrement d’attitude : « Il est temps de régler cette affaire ! »
Une fois les données relatives aux appels interrompus rassemblées par AT&T, le patron d’Apple comprit qu’il y avait réellement un problème, même s’il avait été exagéré par les médias. Aussi quitta-t-il Hawaii, après avoir passé plusieurs coups de téléphone cruciaux. Il était temps de rassembler quelques personnes de confiance, de vieux amis qui étaient à ses côtés au moment de la naissance du premier Macintosh, trente ans auparavant.
Son premier appel fut pour Régis McKenna, le gourou des relations publiques. « Je rentre d’Hawaii pour régler cette histoire d’antenne et je vais avoir besoin de tes conseils. » Régis était d’accord. Ils convinrent de se retrouver à Cupertino, dans la salle de réunion d’Apple, à 13h30 le lendemain. Son second appel fut pour Lee clow. Le publicitaire avait essayé de prendre ses distances avec Apple, mais Jobs aimait l’avoir à ses côtés. Son collègue James Vincent fut convié lui aussi.
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Je veux que tout soit le plus élégant possible, même si c’est au fond de la caisse.

Paul Jobs avait appris à son fils qu’un bon artisan apporte le même soin à toutes les parties de son travail, que celles-ci soient visibles ou non. Steve Jobs poussa ce précepte à l’extrême, jusqu’à peaufiner la disposition des puces et composants sur la carte mère – une pièce qu’aucun utilisateur ne verrait jamais.
– Ce circuit est plutôt joli, mais regardez l’arrangement des mémoires. C’est ni fait ni à faire ! Elles sont bien trop rapprochées les unes des autres.
– Mais la seul chose qui importe, c’est que ça fonctionne au mieux, répliqua un ingénieur. Personne ne va voir ma cette carte.
La réaction de Jobs était prévisible :
– Je veux que tout soit le plus élégant possible, même si c’est au fond de la caisse. Un menuisier digne de ce nom ne va pas utiliser du bois de mauvaise qualité pour faire le fond de son armoire !

Walter Isaacson
Steve Jobs
(page 164)
Editions JC Lattès
Steve Jobs, par Walter Isaacson
 

Je ne travaille pas… je m’amuse huit à quatorze heures par jour !

« Je ne travaille pas… je m’amuse huit à quatorze heures par jour ! » telle est la réponse qui fuse lorsqu’on demande à Nicolas G. Hayek (soixante-dix-sept ans en 2005) combien de temps il consacre à son travail.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Entretiens d’un authentique entrepreneur avec Friedmann Bartu
Page 11, première phrase du livre
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

La stratégie n’est pas autre chose qu’un programme de travail et un plan de travail pour atteindre tout objectif clairement identifié et ciblé

A vrai dire, nous n’avons fait que développer ce que les universitaires appellent « stratégie » . La stratégie n’est pas autre chose qu’un programme de travail et un plan de travail pour atteindre tout objectif clairement identifié et ciblé. Je prêche toujours cela auprès des jeunes : si vous développez une stratégie pour un système complexe, qu’il s’agisse d’un journal, d’un pays, d’une fabrique de montres ou d’un groupe, la première et la plus importante des priorités doit toujours être le produit et jamais l’organisation, pas un quelconque business plan mais le produit et son environnement. Pour reprendre l’image du gâteau d’anniversaire : le segment de base était constitué par la Swatch, dont nous connaissions toutefois pas encore le succès énorme qui lui serait réservé. Dans le segment de dessus il y avait Tissot. Cette marque était semi-internationale. Dans le segment encore au-dessus il y avait Rado et Longines, et au sommet du gâteau il y avait Omega, seule et un peu isolée.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 98
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

Encore une belle semaine en perspective

Et j’insiste toujours sur le fait que chacun prenne gaiement le travail avec le sourire le lundi en se disant : « Encore une belle semaine en perspective. » Je tiens beaucoup à ce que le climat de travail soit agréable et qu’il règne une bonne atmosphère dans les relations humaines. Un chef qui passe son temps à compter son argent, qui n’a autre chose que son chiffre d’affaires et son bénéfice, qui licencie selon son bon vouloir et en plus livre des armes à on ne sait qui, un tel chef empoissonne littéralement l’ambiance de travail.

Nicolas G. Hayek
Au delà de la saga Swatch
Page 55
Albin Michel
Nicolas Hayek, la saga swatch
 

A bas les patrons !

Comme il faut essentiellement s’instruire en voyage, je me suis laissé mener à la manufacture de porcelaine de M. Johnston, dans laquelle nous avons été pilotés par un petit homme rempli de suffisance, d’ailleurs extrêmement poli pour nous. Pendant deux heures nous avons marché au milieu de cruches, tasses, pots, plats et assiettes de différentes grandeurs et je m’ennuyais si bien que je n’étais point dans la mienne. Je me sens au rebours des autres, est-ce de ma faute ? Mais je n’aime point à voir travailler et suer la pauvre humanité ; j’aime autant la voir dormir. Continue reading « A bas les patrons ! »

 

Tu te plaindras souvent de manquer de temps

J’imagine le génie de la lampe d’Aladin à qui j’aurais exprimé ce souhait : « Je voudrai vivre deux fois plus longtemps et travailler deux fois moins que mon grand-père Joseph, mort en 1904. – Accordé ! Et en plus, tu pourras voyager dix fois plus vite que lui pour dix fois moins cher, communiquer avec le monde entier tout en marchant dans la rue et recevoir sur un écran, dans ton salon, tous les spectacles et toutes les connaissances du monde. Je ne te demande même pas de me donner ton âme en échange. Prévois seulement une petite contrepartie : tu te plaindras souvent de manquer de temps pour profiter de cette abondance. »

Jean-Louis Servan-Schreiber
Trop vite !
Pourquoi nous sommes prisonniers du court terme
Albin Michel
trop vite